Dexia Crédit Local gardera une activité de prêt résiduelle

Bruxelles a autorisé la filiale française à consacrer jusqu'à 600 millions d’euros pour désensibiliser ses crédits structurés les plus risqués
Antoine Landrot

Les dirigeants de Dexia ont eu gain de cause au moins sur un élément du plan révisé de résolution de la banque, approuvé le 28 décembre dernier par la Commission européenne: la possibilité d’exercer une activité résiduelle pour Dexia Crédit Local, filiale française historiquement chargée de l’activité de crédit aux collectivités locales dans l’Hexagone.

«DCL pourra octroyer des nouveaux crédits dans une limite de 600 millions d’euros en 2013 et 2014, dans le but exclusif de désensibiliser les crédits structurés sensibles conservés en portefeuille […]. Cette enveloppe permettra de réduire le profil de risque de DCL, ainsi que la volatilité du collatéral lié aux dérivés associés à ces prêts et de limiter le risque opérationnel sur la gestion de ces crédits», indique le communiqué du 28 décembre. La banque franco-belge, dont le démantèlement s’achève, prévoit de communiquer à la fin du mois sur le volet français de son plan.

L’éventualité que DCL poursuive une quelconque activité est hautement sensible, tant son modèle économique (prêts à long terme financés par le marché, sans activité de dépôts) est jugé responsable des difficultés de sa maison mère à partir de 2008. De nombreuses collectivités locales ont largement médiatisé les poursuites engagées ou les mesures de rétorsion prises à l’encontre de l’établissement. Les crédits structurés souscrits au moment de la bulle financière, indexés sur d’autres devises (franc suisse, yen…) via des swaps de taux se sont révélés de véritables chausse-trappes pendant la crise.

Les dirigeants de Dexia considèrent pourtant depuis longtemps qu’une activité minimale est une nécessité pour déboucler certains prêts. «Vouloir accélérer le processus de réduction du bilan de Dexia n’a pas de sens si l’activité se limite au portage des crédits jusqu’à leur extinction et à leur cession selon les conditions de marché. C’est contradictoire au principe de résolution ordonnée. Aider certaines collectivités à stopper l’hémorragie et racheter leurs options nécessite de leur octroyer un nouveau prêt», expliquait un proche des négociations à L’Agefi en septembre dernier.

L’encours de prêts structurés «sensibles» au bilan de DCL atteint 2,4 milliards d’euros. L’enveloppe de 600 millions sera consacrée aux crédits les plus volatils, qui font peser le plus de risque aux emprunteurs et donc au bilan de DCL. «Il ne s’agit pas nécessairement des cas contentieux les plus médiatiques», précise-t-on chez Dexia.

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