Deutsche Börse veut s’arroger un quart de la compensation en euros
Deutsche Börse a pour objectif de ravir à Londres un quart du marché lucratif de la compensation en euros après la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, a déclaré mercredi le nouveau directeur général de l’opérateur de marchés, Theodor Weimer, après la publication de ses résultats annuels. Ces déclarations, faites lors d’une conférence sur les résultats annuels du groupe, sont les plus précises à ce jour concernant la stratégie du nouveau dirigeant depuis son arrivée au début de l’année.
«L’avenir sera dessiné en 2018 et nous avons une occasion unique d’offrir une alternative à Londres», a-t-il dit. «Il faut une deuxième société de compensation en euros pour l’Europe, qui soit au sein de l’Union européenne à 27: ici à Francfort.» Les opérations de compensation sur les dérivés libellés en euros sont actuellement traitées dans leur grande majorité par LCH, une filiale de London Stock Exchange Group. Mais la Commission européenne a fait savoir qu’elle souhaitait que cette activité reste au sein de l’UE, ce qui menace l’emploi à Londres et sa place de premier centre financier d’Europe.
L’an dernier, Deutsche Börse a mis en place un dispositif de partage de profits sur ses activités de compensation des swaps de taux, une initiative destinée à détourner une partie de cette activité largement dominée par le LSE. Theodor Weimer a fait savoir qu’il avait signé des accords avec un nombre allant jusqu'à 25 banques et que Deutsche Börse était bien placé pour prendre, dans les années à venir, 25% de ce marché qui porte sur 1.000 milliards d’euros par jour. Selon l’opérateur boursier, ce marché pourrait lui rapporter 70 millions d’euros de revenus supplémentaires par an. Son activité de compensation des swaps de taux d’intérêt a été multipliée par sept depuis un an, à 35 milliards d’euros.
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