Deutsche Börse négocie avec les Etats-Unis sur le dossier iranien
L’OFAC (Office of Foreign Assets Control), qui dépend du Trésor américain, s’intéresse de près aux agissements de Clearstream. Le Bureau de contrôle des avoirs étrangers pourrait ainsi adresser à la chambre de compensation détenue par Deutsche Börse une notification de présanction civile pour un montant d’environ 340 millions de dollars (260 millions d’euros). En cause : la violation en 2008 de sanctions économiques prononcées à l’encontre de l’Iran.
Deutsche Börse a défendu sa filiale, estimant que ses agissements étaient conformes avec la réglementation américaine, et que le chiffrage préliminaire des sanctions établi par l’OFAC était «injustifié et excessif». L’opérateur boursier explique que ces transactions en 2008 étaient liées à une décision prise par Clearstream l’année précédente visant à clôturer les comptes de ses clients iraniens. A l'époque, la chambre de compensation avait averti l’OFAC de la fermeture de ces comptes, souligne Deutsche Börse.
«Clearstream apprécie l’opportunité de pouvoir engager des discussions sérieuses avec l’OFAC sur les faits et les raisons pour lesquelles une amende ne devrait pas être imposée ou, si un accord de réglement est conclu, pourquoi il devrait être d’un montant bien inférieur», martèle le communiqué du groupe allemand. En août dernier, Washington a considérablement renforcé les sanctions à l'égard d’institutions financières étrangères ayant noué des liens d’affaires avec l’Iran.
Au même moment, la banque britannique Standard Chartered acceptait de verser 340 millions de dollars pour mettre fin aux poursuites engagées par le département des services financiers de l'État de New York sur des transactions occultes avec l’Iran. Le mois dernier, elle a signé un chèque additionnel de 327 millions de dollars au bénéfice des régulateurs américains, dont 132 millions de dollars pour l’OFAC. Cet accord couvre également d’autres transactions litigieuses avec la Libye, le Soudan et la Birmanie. Sa consoeur et compatriote HSBC, quant à elle, s’est résignée le mois dernier à s’acquitter auprès des autorités américaines d’une amende record de 1,92 milliard de dollars (1,5 milliard d’euros) pour des motifs similaires.
Plus d'articles du même thème
-
Le forum fintech de l'AMF et de l'ACPR souffle ses dix bougies
En dix ans, les enjeux autour des fintechs ont changé. La tokenisation et l'intelligence artificielle sont sur le devant de la scène. -
Google fait son grand retour dans la compétition aux modèles d’IA de pointe
Google a lancé, jeudi 1er octobre, un nouveau modèle d'IA haut de gamme, Gemini 4 Argon, testé par quelques partenaires de confiance. Avec Anthropic et OpenAI, tous rivalisent sur la puissance de leurs outils d’IA, alors même qu'ils appellent publiquement à la modération. -
L’inflation japonaise s'emballe et renforce les anticipations de hausse de taux
Les prix à la consommation augmentent plus vite que les prévisions et dépassent la cible de la banque centrale, tandis que les entreprises industrielles affichent leur optimisme. Les conditions sont réunies pour la poursuite de la normalisation de la politique monétaire.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Contenu de nos partenaires
-
Guerre au Moyen-Orient : à court de missiles, l’Amérique découvre les limites de sa puissance
En sept mois de guerre contre l’Iran, les Etats-Unis ont largement puisé dans leurs stocks d’intercepteurs. Pensé pour protéger les alliés américains au Moyen-Orient, le système THAAD illustre aujourd’hui les difficultés de l’industrie de défense américaine à soutenir, sur la durée, une guerre de haute intensité -
La Fabrique de l'OpinionDénatalité : « Sexualité, couple et projet d’enfant se sont désynchronisés »
Les explications matérielles – logement, précarité, modes de garde – sont importantes mais n'expliquent pas à elles seules la dénatalité qui frappe la France. Spécialiste de la natalité, Hélène Calas explore la récession du couple parental -
Carburants : les déblocages des stocks stratégiques européens de gazole peuvent-ils vraiment faire baisser les prix ?
Le G7 a décidé vendredi de libérer jusqu’à 100 millions de barils de pétrole brut et de carburants issus des réserves d’urgence, alors que Washington menaçait de suspendre ses exportations de gazole vers l’Europe. Cette mise sur le marché pourrait faire baisser les prix à la pompe de 10 à 15 centimes par litre. Mais l’effet risque de ne durer que quelques semaines, estiment les experts