Deutsche Bank souffle le chaud et le froid sur les bonus
Anshu Jain a beau clamer que la «culture» de Deutsche Bank a changé, la première banque allemande continue de verser des bonus élevés. La rémunération des co-dirigeants Anshu Jain et Jürgen Fitschen a bondi de 53% en 2013, révèle le rapport annuel publié hier. Certes, leur salaire net a augmenté après leur nomination en juin 2012 (+26% sur un an, à 2,3 millions d’euros). Mais leur bonus a grimpé à plus de 5 millions d’euros, portant la rétribution d’Anshu Jain à 8,97 millions et celle de Jürgen Fitschen à 8 millions (y compris avantages sociaux et retraite).
A l’échelle du groupe, redevenu bénéficiaire l’an dernier, l’enveloppe totale des rémunération a baissé de 2,9%, à 9,9 milliards d’euros, malgré la stabilité des effectifs. Les bonus sont quant à eux restés étales, à 3,16 milliards.
L’ensemble des «preneurs de risques» (1.295 en 2013) sont désormais soumis à des règles plus strictes depuis la mise en place, en mars 2013, de comités de «contrôle des rémunération» et de «l’intégrité». Suite à un audit interne, Deutsche Bank a mis sur pied un nouveau mécanisme de bonus: au moins 50% de la prime est désormais versée sous forme de titres, et la partie payée en différé (qui passe de 3 à 5 ans) représente au minimum 40%, et jusqu'à 90% dans le cas des sept membres du comité exécutif. Les 38 pages du rapport annuel dédiées à la politique salariale détaillent aussi les critères d’attribution des bonus, désormais liés pour 50% à «l’adhésion à nos valeurs et croyances» et soumis à des clauses de restitution.
A l’instar de HSBC et Barclays, le groupe pourrait ajouter des primes fixes (allowances) aux salaires fixes de certains de ses 560 salariés «régulés» en Europe. Cette mesure servirait à contourner le plafonnement des bonus instauré par la directive CRD 4.
Alors que la décision de Deutsche Bank n’est pas connue, sa division de banque d’investissement devrait supprimer 500 postes supplémentaires, principalement à Londres dans les équipes taux, change, matières premières et dérivés, révélait mercredi le Handelsblatt Online. Les économies réalisées permettraient de compenser la faible activité sur les marchés au premier trimestre, mais aussi d’augmenter le salaire de base de certains banquiers seniors, indique Bloomberg. Le groupe s’est dit bien parti pour atteindre les objectifs 2015 de sa banque d’investissement, mais a revu à la baisse son bénéfice 2013 (de 1,08 milliard à 681 millions d’euros) en raison du litige Kirch.
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