Deutsche Bank se préparerait à une lourde charge sur le Libor
La direction de Deutsche Bank s’apprête à passer une provision exceptionnelle de plusieurs centaines de millions d’euros, destinée à financer les éventuelles indemnités résultant de son implication dans la manipulation du taux Libor, selon le Handelsblatt. Deutsche Bank n’a pas voulu commenter cette information, rappelant que son nouveau patron, Anshu Jain, a ordonné une enquête interne sur les soupçons de manipulation du Libor dès 2010, une époque où il dirigeait la banque d’investissement du groupe à Londres.
Parallèlement, Deutsche Bank a proposé aux autorités européennes et suisses de coopérer avec les enquêteurs dans cette affaire, afin d'éviter une condamnation trop lourde, estime l’hebdomadaire Der Spiegel. Il y a une semaine, un trader de Deutsche Bank a été formellement identifié par les enquêteurs comme ayant participé aux manipulations du Libor. Selon la banque, qui n’a pas souhaité commenter ces soupçons, il ne fait plus partie de ses effectifs.
D’après une étude de Morgan Stanley, Deutsche Bank risque une condamnation d’un milliard de dollars, ce qui pourrait diminuer les résultats de la banque de quelque 5% en 2013 et en 2014. Mais les analystes allemands jugent cette somme beaucoup trop élevée, compte tenu du fait que le principal responsable de la manipulation, la banque Barclays, a payé l'équivalent de 500 millions d’euros, avant ristourne de 30%. Mais Deutsche Bank fait aussi l’objet d’une plainte déposée aux Etats-Unis par des gérants de fonds qui réclament des indemnités de plusieurs milliards de dollars.
Selon les sources citées par le Handelsblatt l’implication de Deutsche Bank dans le scandale du Libor se limiterait à quelques traders isolés qui auraient agi de leur propre initiative. Il n’empêche que cette affaire plane comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête du nouveau patron de Deutsche Bank qui s’apprête à présenter les résultats du deuxième trimestre le 31 juillet prochain.
Dans un entretien à l’hebdomadaire Der Spiegel, la présidente du Bafin, l’autorité allemande de contrôle des marchés financiers, a demandé aux banques impliquées dans l’affaire du Libor de passer des provisions appropriées pour être en mesure de faire face aux indemnités. «Avec l’aide des autorités américaines et britanniques nous menons actuellement l’enquête pour savoir quelles sont les banques allemandes ayant participé à cette affaire», a expliqué Elke König.
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