Deutsche Bank résiste mieux que la concurrence
Deutsche Bank avait prévenu le 21 septembre que le groupe passerait une charge de 2,3 milliards d’euros liée à sa participation de près de 30% dans Postbank. Elle avait acheté sa part à 45 euros l’action alors que les titres ne valent plus que 25 euros. Par conséquent la banque a fait état d’une perte nette de 1,2 milliard d’euros au troisième trimestre, la première depuis le quatrième trimestre 2008. Mais ce déficit est moins élevé que prévu par les analystes qui tablaient en moyenne sur une perte nette de 1,5 milliard d’euros.
Sans la charge exceptionnelle, Deutsche Bank aurait réalisé un bénéfice net de 1,1 milliard d’euros au troisième trimestre. La banque peut une nouvelle fois compter sur la force de sa banque de financement et d’investissement, sa plus importante source de bénéfices. Grâce à une nette hausse des activités de trading en septembre sa BFI est parvenue à compenser la faiblesse des mois de juillet-aôut, réalisant un bénéfice opérationnel de 1,1 milliard d’euros, 12% de plus qu'à la même période de l’an passé et davantage qu’au trimestre précédent. Georg Kanders, analyste chez la banque WestLB parle d’un «excellent résultat», comparé notamment à celui d’UBS dont la BFI a plongé dans le rouge au troisième trimestre.
Deutsche Bank est parvenue en parallèle à tripler son résultat dans la banque à réseau, à 245 millions avant impôt. En revanche, son activité dans la gestion de fortune souffre d’une charge provenant du rachat de Sal. Oppenheim. «Les résultats du troisième trimestre montrent une fois de plus que notre modèle d’entreprise s’est révélé très robuste», et ce malgré «des conditions économiques difficiles», a déclaré le patron de Deutsche Bank, Josef Ackermann. A la Bourse de Francfort, le bilan a été salué par une hausse du titre.
Cependant, Josef Ackermann n’a pas fait de prévision pour l’année en cours, même si la banque est très confiante pour le dernier trimestre. Il s’est gardé également d'évoquer les perspectives 2011, année où le groupe vise un bénéfice imposable de 10 milliards, ce qui est considéré comme un objectif ambitieux. Les analystes font aussi remarquer que le projet de Deutsche Bank de mieux équilibrer son modèle d’entreprise n’est toujours pas atteint, en dépit des acquisitions ces dernières années. Pour les analystes de JPMorgan, la BFI devrait générer cette année 75% des bénéfices.
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