Deutsche Bank est en passe de solder au prix fort le LBO sur Actavis
Deutsche Bank pourrait annoncer aujourd’hui ou demain la cession du laboratoire pharmaceutique suisse Actavis, hérité d’un LBO datant de 2007. La facture de cette opération pourrait toutefois se révéler salée pour la banque allemande, qui devrait être contrainte d’enregistrer une perte de 300 à 400 millions d’euros dans ses comptes du premier trimestre publiés ce jeudi.
Le groupe américain Watson Pharmaceuticals (Watson) reprendrait la société pour quelque 4,5 milliards d’euros, selon Bloomberg, et 4,25 milliards, selon Reuters, soit moins que la valeur de la dette d’Actavis, détenue par Deutsche Bank. La banque allemande avait déjà été contrainte de passer des dépréciations à hauteur de 407 millions d’euros dans ses comptes du quatrième trimestre 2011. Les trois groupes se sont refusés à tout commentaire.
Actavis «doit représenter environ 4 milliards d’euros d’actifs pondérés du risque. Enregistrer une charge de 400 millions d’euros revient à rogner la plupart du capital libéré par la cession», estime un analyste, qui anticipait l’enregistrement d’un gain, à la suite de la dépréciation passée fin 2011.
«C’est une bonne chose de clore ce chapitre, même si la perte qui en résulte est une déception», souligne un autre analyste, qui ajoute que cette cession «permet de faire un nettoyage avant l’arrivée de la nouvelle direction» de Deutsche Bank fin mai. La prévision de bénéfice net pour le premier trimestre s’en trouve réduite à 1,8 milliard d’euros, contre 2,2 milliards d’euros auparavant.
En 2007, Actavis avait fait l’objet d’un LBO réalisé par l’homme d’affaires islandais Bjorgolfur Thor Bjorgolfsson. Dans le sillage de la crise, Deutsche Bank, qui a endossé le rôle de prêteur dans cette opération, s’est retrouvé avec 5 milliards d’euros de dette dans ses livres.
Dans les comptes de Deutsche Bank, la société pharmaceutique est intégrée aux 12,2 milliards d’euros d’actifs non stratégiques de la banque, au sein de sa division regroupant les investissements d’entreprise, selon le rapport annuel publié en mars. Cette division représentait 11,8 milliards d’euros d’actifs pondérés du risque à fin 2011, un niveau que Deutsche Bank cherche à réduire dans le cadre de la mise en place de Bâle 3. D’autant que les rumeurs - démenties par la banque - d’une augmentation de capital de 3 milliards d’euros cet été vont bon train.
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