Deutsche Bank accumule les mauvaises nouvelles en cette fin d’année
Deutsche Bank fait face à une fin d’année difficile. Actuellement soupçonnée de fraude fiscale dans le cadre d’une affaire remontant à 2009, la banque allemande, par ailleurs citée dans le cadre du scandale sur le Libor, a annoncé en fin de semaine passée des charges de restructuration et de réévaluation de valeur sur certains actifs au titre du quatrième trimestre.
Si la banque a dégagé des «résultats opérationnels solides en octobre et en novembre dans l’ensemble de ses activités stratégiques», un certain nombre d’éléments «spécifiques», tels que la réduction de ses actifs à risque (deleveraging) et l’intégration de sa filiale de banque de détail Postbank, «auront un effet négatif important sur les comptes du quatrième trimestre», a indiqué Deutsche Bank, sans communiquer d’éléments chiffrés.
«L’attention durant les prochains trimestres devrait (…) se porter sur la capacité de Deutsche Bank à réaliser son deleveraging mais celui-ci devrait continuer de peser sur les résultats», indique la recherche actions de Natixis.
«Si cela constitue une surprise négative pour le marché (au regard du cours du titre), ces annonces sont conformes à nos prévisions», relève toutefois Credit Suisse. Le bureau d’études estime les coûts de Deutsche Bank liés au deleveraging à 250 millions d’euros et ceux de restructuration à 280 millions d’euros au quatrième trimestre, engendrant une perte globale avant impôts de l’ordre de 450 millions d’euros. Selon un consensus Bloomberg, les analystes anticipaient un bénéfice net de 510 millions d’euros avant ces annonces.
De façon «plus inattendue, Deutsche Bank a annoncé des dépréciations, sans en préciser le montant, pour le quatrième trimestre, liées à son acquisition des activités de «transaction banking» d’ABN Amro aux Pays-Bas», relève Natixis. «C’est une mauvaise nouvelle à plusieurs titres», poursuit le bureau d’études indiquant que d’une part, cela «concerne la division GTB (global transaction banking, banque transactionnelle, ndlr) supposée plus que doubler sa contribution aux résultats du groupe d’ici à 2015» et que d’autre part, «lors de l’intégration de cette acquisition, Deutsche Bank avait comptabilisé un goodwill négatif de 208 millions d’euros en 2010».
Après un recul de 2,7% jeudi, le titre cédait à nouveau 2,6% vendredi, réduisant sa progression à 7% depuis le début de l’année.
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