Des inflexions apparaissent dans l’épargne des entreprises et des ménages
La crise sanitaire a eu une influence notable sur le comportement des entreprises et des ménages en matière d’épargne, confirment les dernières statistiques publiées ce mardi par la Banque de France. Sur la période allant de mars à septembre 2020, la trésorerie des sociétés non financières a ainsi progressé de plus de 174 milliards d’euros à 870,6 milliards. Près de 91% de cet encours total est constitué de dépôts bancaires (à vue ou rémunérés), le solde représentant des OPC (organismes de placement collectif) monétaires. Pour la première fois depuis mars, les encours de trésorerie ont cependant reculé de 2,3 milliards d’euros le mois dernier. Ce mouvement provient d’une baisse de 8,6 milliards d’euros des dépôts à vue à 621,8 milliards, alors que les déports rémunérés ont progressé de 3 milliards à 169,8 milliards. Les achats de parts d’OPC ont ralenti d’un mois sur l’autre (+3,3 milliards après +4,2 milliards en août).
En septembre, le financement bancaire de ces sociétés a poursuivi sa normalisation après cinq mois de forte croissance entre mars et juillet. Le recul observé (- 4,8 milliards) fait suite à une stabilisation en août (+ 0,5 milliard). Cette baisse s’est concentrée sur les crédits de trésorerie, tandis que les crédits d’investissements ont poursuivi leur hausse. Le dispositif des prêts garantis par l’État (PGE) semble d’autre part un peu moins sollicité, avec un encours estimé à 120,7 milliards d’euros à fin septembre après 119,1 milliards à fin août. Enfin, les émissions de titres de créance ont augmenté de 3,6 milliards d’euros d’un mois sur l’autre, portées par les titres à plus d’un an.
Le flux net d’épargne bancaire des ménages redevient négatif
L’endettement net de ces entreprises a légèrement augmenté (+1,1 milliard d’euros à 1.012,1 milliard) durant le mois écoulé, tandis que leur dette brute a reflué pour la première fois en sept mois (-1,2 milliard à 1.882,7 milliards). Depuis mars, la hausse conjointe de la dette brute (+173 milliards d’euros) et de la trésorerie semble liée à deux facteurs. «D’une part, certaines entreprises ont sans doute eu un comportement de précaution en utilisant leurs possibilités d’emprunts pour se constituer un coussin supplémentaire de trésorerie», relève l’institution. D’autre part, «la hausse de trésorerie peut aussi en partie venir des dénouements des crédits interentreprise (CIE) en période d’arrêt d’activité».
Du côté des ménages, le rythme de constitution de dépôts bancaires a légèrement progressé en septembre (+5,4 milliards d’euros à 1.648,5 milliards) mais de manière plus faible qu’entre mars et juillet. Ces dépôts retrouvent ainsi un rythme proche de leur moyenne pré-Covid, de janvier 2017 à février 2020, qui s’élevait à 5,9 milliards d’euros. Sous l’effet d’une reprise modérée des crédits à la consommation (200 millions d’euros) et du dynamisme persistant des crédits à l’habitat (8,8 milliards), les crédits bancaires ont atteint 8,9 milliards. Au total, le flux net d’épargne bancaire des ménages (c’est-à-dire hors placements non bancaires) est ressorti négatif le mois dernier (-3,3 milliards d’euros), pour la première fois depuis le début de la pandémie. Il s’élève donc à 83,3 milliards d’euros sur la période de mars à septembre, contre un cumul de 86,6 milliards à fin août.
Plus d'articles du même thème
-
Akto lance un appel d'offres pour la retraite de ses salariés
L’opérateur de compétences recherche un mandataire pour gérer la retraite de ses employés. -
France Epargne présente six propositions fiscales pour protéger le pouvoir d'achat des épargnants
L'association (ex-Faider) suggère notamment la mise en place de la transférabilité des contrats d'assurance vie et d'épargne retraite entre des membres et générations d'une même famille. -
Budget 2027 : le régime du loueur de meublé non professionnel raboté par Bercy
Si l'épargne échappe à un durcissement de la fiscalité, les revenus issus de la location meublée, eux, sont bien dans le viseur du gouvernement.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
- Les gestions anticipent une résistance modérée des Bourses
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
- Schneider Electric rachète l'américain PTC pour 20 milliards d'euros
- Schneider Electric indispose les investisseurs en ciblant l’américain PTC
- Air Liquide veut rallumer sa flamme boursière avec 4 milliards d'euros de rachat d'actions
Contenu de nos partenaires
-
Présidentielle : les propositions clés des candidats pour relancer la natalité
De Marine Le Pen à Marine Tondelier en passant par Bruno Retailleau et Edouard Philippe, les candidats à la présidentielle rivalisent de propositions pour accompagner les ménages accueillant des nouveau-nés -
DétenteAutomobile : accord Bruxelles-Pékin pour limiter les exportations des modèles hybrides chinois en Europe
L’UE salue un accord destiné à réduire d’environ de moitié les volumes sur quatre ans. L'Allemagne s'était associée à la France pour faire pression sur la Commission -
« Le pire, c'est l'indifférence » : le match entre Gabriel Attal et Jean-Luc Mélenchon reprend sur la jeunesse
Les deux candidats à la présidentielle organisent chacun un meeting ce week-end. L’occasion de relancer leur duel à distance après s’être fortement impliqués dans la mobilisation des lycéens