Des frappes américaines en Iran refont douter les marchés
Comme depuis le début de la guerre en Iran, les signes encourageants sont presque systématiquement démentis par des déceptions dans les jours voire les heures qui suivent.
La séquence du week-end n’aura pas dérogé à la règle. Après que Washington et Téhéran ont tous deux fait état d’avancées significatives dans les négociations, les Etats-Unis ont procédé à des frappes dans le sud de la République islamique alors qu’un cessez-le-feu est censé être toujours en cours.
En réaction, le prix du pétrole Brent rebondissait de 3,7% mardi matin, à plus de 99 dollars le baril. Il avait plongé de 8% lundi, tombant sous 100 dollars pour la première fois depuis le 8 mai et touchant même un plus bas depuis le 21 avril, sous 96 dollars.
Sans surprise, les marchés actions ont suivi une tendance inverse. Après avoir gagné près de 2% le 25 mai, l’Euro Stoxx 50 reculait de 0,8% mardi. Le CAC 40 abandonnait pour sa part près de 1% et le Dax 0,75%.
Du côté des taux, la réaction était plus mesurée. Le rendement de l’obligation américaine à dix ans regagnait 2 points de base (pb) après en avoir perdu 7 la veille. Les taux allemands et français remontaient de 2 ou 3 pb également alors qu’ils avaient perdu environ 10 pb la veille.
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Trois pas en avant, un ou deux en arrière
«Au global, l’optimisme reste de mise quant à la conclusion d’un accord pour mettre fin à la guerre», estime Jim Reid, stratégiste chez Deutsche Bank, qui note que les frappes américaines ont été qualifiées de défensives. L’Iran a par ailleurs réagi avec prudence à ces attaques pour le moment et le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, a estimé mardi matin qu’un accord avec la République islamique pourrait prendre «quelques jours».
«Nous avons déjà connu cela, bien sûr, mais on a le sentiment depuis un certain temps que la marche vers la paix se résume à trois pas en avant et un ou deux pas en arrière. Cela fait maintenant 48 jours que les principaux affrontements cinétiques ont eu lieu, et mon point de vue depuis un moment est qu’une trêve et un cessez-le-feu aussi prolongés n’auraient pas tenu si les États-Unis avaient véritablement voulu poursuivre les frappes, à moins qu’il n’y ait absolument aucune autre solution. L’action ciblée de la nuit dernière s’apparente toutefois clairement à un coup de semonce rappelant la fragilité du cessez-le-feu, il faudra donc observer ce que donneront les prochains jours de négociations», analyse Jim Reid.
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