Deezer connaît un couac pour ses premiers pas en Bourse
La partition de Deezer ne séduit guère le marché. Pour son premier jour de cotation, l’action de la plateforme française de streaming musical a plongé de 29% à 6 euros.
«Ce type d’entreprises qui n’ont pas encore atteint la rentabilité demandent aux investisseurs de se projeter sur leur croissance à long terme. Ce type de profil n’est pas évident dans le contexte de marché actuel», juge un intermédiaire financier basé à Paris.
En 2021, Deezer a enregistré des revenus de 400 millions d’euros, traduisant une croissance organique de 5,5%. Mais le groupe a accusé sur le même exercice une perte opérationnelle de 120,6 millions d’euros et une perte nette de 123,3 millions d’euros.
Deezer s’attend à réaliser cette année un chiffre d’affaires de 455 millions d’euros, en progression organique de 14% sur un an. A plus long terme, la société vise environ 1 milliard d’euros de revenus en 2025 et compte dégager à la même date un résultat brut d’exploitation (Ebitda) ajusté positif, contre une perte de 64,3 millions d’euros en 2021.
La mise en Bourse de l’entreprise a été réalisée par le biais d’une fusion avec la société d’investissement cotée (special purpose acquisition company, ou Spac), I2PO, fondée par la famille Pinault, l’homme d’affaires Matthieu Pigasse et Iris Knobloch, ancienne dirigeante de Warner Media.
Loin de Spotify
En fusionnant avec I2PO, Deezer a bénéficié de la trésorerie du Spac et des fonds que ce dernier a levés via un placement privé (ou Pipe, pour private investment in public equity) souscrit par la plupart des actionnaires existants de la société de streaming. Le montant levé s’est inscrit à 143 millions d’euros, a indiqué à L’Agefi Pierre Pasqual, partner chez Centerview, une des banques conseils d’I2PO.
Cette entrée sur la cote parisienne survient sept années après une première tentative abandonnée. «En 2015, c'était sans doute trop tôt parce qu’il y avait beaucoup de questions sur le modèle [du streaming musical], désormais il n’y a plus aucune question parce que c’est le modèle dominant de distribution des contenus audio et de la musique en particulier», a assuré mardi le président du conseil d’administration de Deezer, Guillaume d’Hauteville, sur BFM Business.
Créée en 2007, la société pèse au total environ 2% du marché mondial du streaming, qui est dominé par le suédois Spotify, avec 31% de parts de marché, et les géants technologiques Apple et Amazon.
Plus d'articles du même thème
-
Cerebras, concurrent de Nvidia, prépare son introduction en Bourse
Le concepteur de puces d’IA veut profiter de l’effervescence autour du secteur pour se coter au Nasdaq. La firme créée en 2015 a triplé sa valorisation en six mois, à 23 milliards de dollars. -
L'Ouzbékistan cote l'un de ses fonds publics à Londres
C'est une première mondiale étonnante. Le fonds étatique d'investissement ouzbek, UzNIF, va s'introduire en Bourse, simultanément à Londres et à Tachkent. -
SpaceX défie les limites des cotations en Bourse
SpaceX a déposé mercredi une demande d'introduction en Bourse, devançant ses rivales OpenAI et Anthropic. Ce serait une opération de tous les records, au cours de laquelle SpaceX pourrait atteindre une valorisation de plus de 1.750 milliards de dollars et lever au moins 50 milliards de dollars.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- La banque Delubac taille dans ses effectifs pour faire face à des difficultés financières
- TotalEnergies annonce la couleur avant ses résultats trimestriels
- Bouygues Telecom, Orange et Iliad engagent une consolidation historique des télécoms
- Bouygues, Free et Orange entrent en discussions exclusives pour racheter SFR
- CNP Assurances se lance dans l’assurance vie 100% en ligne
Contenu de nos partenaires
-
RaccourciPas de plan « Grand âge » : ce patron qui refuse le fatalisme et l’immobilisme
En l’absence d’action de l'Etat, Guillaume Richard, PDG du groupe Oui Care, a lancé sa propre feuille de route -
C'est loin mais c'est beauGabriel Attal la joue « tradi » pour son entrée en campagne
Il veut tout casser, sauf les codes d'une entrée en campagne. Le leader de Renaissance assure vouloir prendre le temps avant de se déclarer à la présidentielle. « Il faut conserver une forme de sacralité », explique-t-il -
Mamma mia !En Italie, pas de miracle économique pour Meloni
Restée sous procédure européenne pour déficit excessif, fragilisée par une croissance atone et par la crise d’Ormuz, l’Italie voit se refermer les marges que la présidente du Conseil espérait utiliser avant les législatives de 2027