Cœur Défense tombe dans l’escarcelle d’Amundi
Emblématique, l’acquisition de l’ensemble immobilier Cœur Défense, réalisée en association avec Crédit Agricole Assurances et Primonial, l’est à plus d’un titre. Au niveau de son prix, de l’ordre de 1,8 milliard d’euros d’après une source proche des discussions, soit la plus importante opération de l’année dans les bureaux en France, mais également de ses acquéreurs, qui reflètent l’engouement des épargnants pour les OPCI et SCPI grand public. Les fonds gérés par Amundi et Crédit Agricole Assurances disposeront ainsi ensemble d’une majorité des parts de l’actif, aux côtés de ceux de Primonial.
Avec ses deux tours de 40 étages et ses trois immeubles de 9 étages, représentant près de 160.000 mètres carrés de bureaux et commerces, Cœur Défense demeure l’ensemble immobilier le plus grand d’Europe. Construit en 2001, il avait été acquis par Lehman Brothers en 2007 pour 2,1 milliard d’euros, un an avant la faillite de la banque d’investissement. Le fonds américain Lone Star a finalement mis la main dessus en 2014 pour 1,3 milliard. En le cédant pour environ 1,8 milliard trois ans plus tard, Lone Star réalise une plus-value sensible qui témoigne de l’intérêt des investisseurs pour l’immobilier de bureaux francilien. L’opération illustre de ce fait l’attractivité du marché, le fonds souverain CIC et le canadien Brookfield Property s’étant également positionnés sur l’actif, et la capacité des fonds français à surenchérir sur les investisseurs étrangers grâce à des niveaux de collecte historiques sur les OPCI et SCPI grand public.
Si le financement de l’opération se fera en partie via un prêt hypothécaire de BNP Paribas, CA CIB, ING et Natixis, les acquéreurs sont ainsi certains de mettre à profit leur collecte sur les OPCI et SCPI grand public. Avec plus de 10 milliards d’euros d’encours sur ce type de fonds, Amundi se place en tête des gestionnaires français, d’après les statistiques 2016 de l’Aspim-IEIF. Au niveau de la collecte, Amundi a été devancée sur les SCPI par Primonial, qui a levé près de 960 millions d’euros l’an dernier, mais conserve son avance au global avec près de 3 milliards d’euros collectés.
La taille de l’opération a nécessité un partenariat entre ces deux acteurs majeurs. Amundi a désormais «terminé d’investir la collecte 2017» et regarde désormais des opérations pour 2018, précise Christine Augé, chief investment officer d’Amundi Immobilier.
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