Credit Suisse sollicite ses actionnaires sur le marché du capital contingent
Credit Suisse optimise sa structure financière. Alors que la Suisse entend imposer à ses banques un ratio de capital de 19% et mise pour cela sur le développement du capital contingent, la banque helvétique a annoncé lundi avoir conclu un accord avec deux de ses principaux actionnaires en vue de lever 6 milliards de francs suisses (4,6 milliards d’euros).
Qatar Holding et Olayan Group, qui détiennent 6,2% et 6,6% du capital de Credit Suisse, se sont engagés à souscrire intégralement à cette émission obligataire contingente (CoCo, obligation se transformant en capital en cas de dégradation du profil financier de l’émetteur). L’émission se décompose en deux tranches, de 3,5 et 2,5 milliards de francs suisses, assorties de coupons fixés respectivement à 9,5% et 9%.
L’opération sera réglée soit en numéraire, soit via l’échange d’une émission obligataire réalisée en 2008 pour 3,5 milliards de dollars (2,6 milliards d’euros) et 2,5 milliards de francs suisses, à laquelle Qatar Holding et Olayan Group avaient alors souscrit. L’émission ne devrait pas intervenir avant octobre 2013, date de premier call des obligations émises en 2008.
«Si le rendement brut est élevé en termes absolus (9-9,5%), il se révèle moindre que ce que Credit Suisse paie actuellement dans le cadre des instruments hybrides émis en 2008 (10-11%, ndlr)», souligne le bureau d’études KBW.
Ces obligations (high trigger CoCo) seront converties en actions ordinaires au cas où le ratio tier one de Credit Suisse, qui s’établissait à 12,7% à fin 2010, tomberait en-dessous de 7% (contre 5% pour des low trigger CoCo) ou si le régulateur suisse estime que la banque nécessite l’aide publique pour assurer sa viabilité.
Selon le projet suisse, Credit Suisse devra afficher un ratio tier one pur d’au moins 10% en 2019, et des high et low trigger CoCo représentant respectivement 3 et 6% des actifs pondérés du risque. Alors que ces actifs sont estimés par Credit Suisse à 340 milliards de francs sous Bâle 3 à horizon 2013, «l’émission satisfait environ 50% des exigences liées aux high trigger CoCo», relève CreditSights.
«Cette annonce se révèle clairement positive pour Credit Suisse, le marché s’étant révélé sceptique sur la capacité des banques à placer d’importants montants de CoCo», relève Crédit Agricole CIB. Cela ne permet toutefois pas à ce stade d’en conclure à un accroissement de la demande sur ce marché, estime CreditSights.
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