Credit Suisse profite du rebond de sa BFI mais décroche en fixed income

Le groupe a doublé le résultat de sa banque d’investissement au deuxième trimestre, alors qu’il recule en gestion d’actifs et banque privée
Amélie Laurin

Credit Suisse peut dire merci à sa banque d’investissement. La deuxième banque helvétique a publié hier un bénéfice trimestriel à 1,045 milliard de francs suisses (1,17 milliard d’euros), en hausse de 32,6% sur un an. Son activité est tirée par la BFI dont le résultat avant impôt a plus que doublé, passant de 314 millions au deuxième trimestre 2012 à 754 millions de francs à fin juin. L’autre pilier du groupe, qui regroupe principalement la banque privée et la gestion d’actifs, accuse en revanche un repli de 6%, à 917 millions, en raison d’une charge liée au traité suisso-britannique visant à régulariser les avoirs de clients non déclarés. De 100 millions de francs, elle est égale à celle d’UBS.

Les revenus de Credit Suisse en banque d’investissement ont progressé de 24 % sur un an, un chiffre égal à la moyenne des banques américaines, selon les données compilées par Bloomberg. La banque suisse a bénéficié du rebond du courtage actions (+24) et des métiers de fusions-acquisitions et marchés primaires (+45%).

Si le fixed income (taux et change) a progressé de 13% sur un an, après un deuxième trimestre 2012 marqué par les tensions dans la zone euro, il a chuté de 38% de fin mars à fin juin, contre une baisse de 23% seulement chez les américaines. «Nous sommes un peu déçus par les revenus du fixed income, les deuxièmes moins bons de l’industrie à ce jour et les pires en termes de recul d’un trimestre à l’autre, écrivent les analystes de JPMorgan.

Credit Suisse impute sa contre-performance à une moindre activité clients dans les taux et sur les marchés émergents, chahutés par un environnement volatil. Le trimestre a été marqué par les craintes d’une baisse des rachats d’actifs de la Réserve fédérale américaine. Pour autant, «à plus long terme, la transition vers des taux plus élevés profitera à notre activité, tant dans la banque privée et la gestion de fortune que dans la banque d’investissement», espère Brady Dougan, directeur général.

En banque privée, le groupe se trouve face à des échéances importantes. Il a confirmé avoir transmis aux autorités américaines des données sur ses clients soupçonnés de fraude fiscale, mais ne se prononce pas sur ses chances de parvenir, au second semestre, à un accord clôturant les poursuites à son égard. La division devra aussi contribuer au plan d’économies du groupe en abandonnant certains marchés. Ses activités en Allemagne sont par exemple sur la sellette.

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