Credit Suisse paie cher sa dépendance aux activités de fixed income
Brady Dougan semble adepte de la méthode Coué. Le patron de Credit Suisse a salué hier la «performance solide» de son groupe au premier trimestre. Le résultat net est pourtant en deçà du consensus, à 859 millions de francs suisses (706 millions d’euros), et en baisse de 34% sur un an. Les revenus ont quant à eux reculé de 8%, du fait de la faible performance de la BFI, principalement en fixed income (produits de taux et change).
Si les activités de M&A et émissions primaires de Credit Suisse ont progressé, ses revenus du trading ont diminué de 16% : les activités de marchés actions ont limité la casse (-8%), alors que le fixed income a reculé de 21% sur un an à 1,6 milliard de francs. «La contribution saisonnière au premier trimestre de nos activités de taux et sur certains marchés émergents a sensiblement reculé par rapport à ces dernières années», a expliqué Brady Dougan. La baisse du fixed income est similaire à celle observée chez JPMorgan, mais supérieure à celle de Citi et BoA Merrill Lynch.
Credit Suisse est aussi plus dépendant de ce métier qui pèse encore 25% de ses revenus, la proportion la plus importante après Goldman Sachs et à égalité avec Deutsche Bank, selon les analystes de Morgan Stanley. Le groupe suisse pointe seulement à la 8e place mondiale des marchés de taux et changes, avec trois fois moins de revenus que JPMorgan. «L’exposition du groupe à la banque d’investissement et sa stratégie dans cette division sont moins attractifs que d’autres plans adoptés dans le secteur», explique Helvea.
«Nous sommes inquiets de la stratégie à long terme de la banque d’investissement de Credit Suisse», renchérissent les analystes de JPMorgan qui recommandent une nouvelle réduction de voilure. Un choix déjà opéré par UBS qui a mis en extinction l’essentiel de sa division de fixed income, le métier étant très consommateur de fonds propres et en proie aux scandales (taux interbancaires, changes). Les analystes de Natixis conservent une «préférence pour UBS eu égard à la meilleure qualité de sa franchise de banque privée et au biais davantage equity (marchés actions) de sa BFI, et à sa solvabilité clairement plus solide (ratio core equity tier one Bâle 3 d’environ 13%) permettant de meilleures perspectives de retour à l’actionnaire».
Le numéro un helvétique n’a pas encore publié ses résultats trimestriels, tandis que Credit Suisse a annoncé un ratio CET 1 Bâle 3 stable à 10%, une petite «déception» pour Natixis.
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