Credit Suisse montre toujours autant d’appétit pour les titres contingents
Credit Suisse semble confirmer son intérêt pour les obligations «contingentes». La banque helvétique entend pour la première fois lever au moins 250 millions de francs en ayant recours à cet instrument hybride, indiquent des sources citées par International Insider et l’agence Bloomberg. Les titres, à maturité perpétuelle assortis d’une option de rachat à cinq ans, devraient servir un coupon de 6% et seraient assimilables à du capital réglementaire tier one. Contacté par L’Agefi, Credit Suisse n’a pas souhaité faire de commentaires.
Toutefois, ces obligations contingentes ne sont pas convertibles en actions, contrairement aux obligations «contigent convertibles» (ou «CoCos») plus traditionnelles –lesquelles ont fait leur apparition avec la crise financière de 2007. Credit Suisse prévoit en effet que si son ratio de solvabilité core tier one descend sous le seuil des 5,125%, les détenteurs de ces titres perdront la totalité de leur créance. Sous le régime des CoCos, elles auraient en revanche été converties en actions et aurait dilué les actionnaires actuels de la banque.
Les établissements Goldman Sachs, Commerzbank, ainsi que plusieurs banques locales, auraient été choisies pour mener l’opération.
Lorsqu’il procède à ce type d’émissions (de CoCos ou d’obligations contingentes simples), un établissement a en général un seul et même objectif: répondre aux exigences du régulateur en termes de solvabilité. La Finma, l’autorité bancaire helvète, impose ainsi aux établissements suisses un ratio de fonds propres durs (core tier one) de 10% requis fin 2018, un ratio de fonds propres (tier one) de 13% et un ratio de fonds propres élargis (incluant également les fonds propres complémentaires tier 2) de 19% à fin 2019. Pour remplir ces objectifs, les autorités suisses accordent une grande importance aux titres contingents –quelle que soit leur forme. Au 30 juin 2013, le ratio core tier one de Credit Suisse atteignait 10,4%.
Le 8 août dernier, Credit Suisse a ainsi émis 2,5 milliards de dollars de dette hybride tier 2, dont le coupon a été fixé à 6,5%. Ces titres seront effacés si le ratio core tier one de la banque passe sous les 5%.
Si les CoCos ont eu la cote jusqu’à présent, les obligations contingentes non convertibles commencent à se populariser. Barclays avait été la première banque à émettre de tels instruments, en novembre dernier, suivi du bancassureur belge KBC, tous deux avec un seuil déclencheur à 7%.
Plus d'articles du même thème
-
Les assureurs français se font une place sous le soleil brésilien
Plus facile à aborder que la Chine mais tout aussi dynamique, le Brésil apparaît comme un vaste territoire de conquête encore en friche aux yeux des assureurs notamment étrangers. Pour les Français CNP Assurances et Axa, c’est même devenu un pays très stratégique. -
Au Brésil, la banque de détail a basculé vers le numérique avec NuBank
En une dizaine d’années, le marché s’est profondément transformé avec la numérisation des services bancaires et des paiements. Des néobanques ont saisi la balle au bond et c’est ainsi que Nubank s’est hissée parmi les acteurs de catégorie mondiale. -
Nike lance une nouvelle vague de suppressions de postes après des ventes décevantes
Le géant américain des vêtements de sport va lancer une nouvelle restructuration alors qu'il anticipe une baisse de ses ventes de plus de 7% lors de son exercice 2027.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- TotalEnergies va augmenter son dividende et réduire sa dette
- Le Crédit Agricole et UniCredit envisageraient de se partager l’italien Banco BPM
- Les successions font flamber les rémunérations aux Etats-Unis
Contenu de nos partenaires
-
Face à la colère des lycéens, le gouvernement recule sur les frais d’inscription en BTS et en classe préparatoire
Face au mouvement lycéen qui s’intensifie, l’exécutif est revenu sur l’instauration de frais d’inscription dans les CPGE et les BTS, qui sont aujourd’hui gratuits, a contrario des universités. La mesure aurait permis de rapporter plus de 30 millions d'euros à l'Etat. -
Au nom du beau geste
Déléguée générale du Comité Colbert, Bénédicte Epinay est l’ambassadrice de ce savoir-faire à la française qui, fait unique au monde, a su se transformer en une industrie globale. -
En réservePrésidentielle : la macronie de gauche, ou l'armée des ombres
Doutes et attente au sein des « macronistes » tendance sociaux-démocrates : ils ne sont pas candidats, veulent continuer la politique mais cherchent encore qui soutenir.