Commerzbank France assoit son développement avec les entreprises
Dans «Roadmap 2016», son plan de redressement présenté l’année dernière, Commerzbank se donnait quatre ans pour retrouver sa rentabilité. Outre la suppression de 4.000 à 6.000 postes, surtout dans ses activités de détail outre-Rhin, la banque allemande compte sur le développement de ses activités auprès de sa clientèle d’entreprises. Premier partenaire commercial de l’Allemagne, la France occupe donc une place importante dans son dispositif.
Présente depuis 1976 à Paris, Commerzbank France se satisfait de l’avancée de son plan de marche. Entre 2010 et fin 2012, la filiale a augmenté de plus de moitié le nombre de ses clients français, ceux-ci passant de 80 à environ 125. Ses revenus, autour de 100 millions d’euros en 2011, ont progressé «d’environ 20%» en 2012, a expliqué hier Markus Beumer, responsable de la banque commerciale du groupe. Celui-ci publiant ses comptes annuels le 15 février, le dirigeant ne communique pas de montant plus précis.
La filiale française cible deux types bien différents de clientèle: les entreprises du Mittelstand allemand qui exercent une activité en France et les 250 plus grandes sociétés françaises. Face à la domination des grands établissements français sur leur marché national, le groupe n’est pas en concurrence frontale.
En termes d’activités, Commerzbank France se distingue en gestion de trésorerie et en crédit export. Elle peut aussi faciliter des placements privés auprès d’investisseurs allemands, à l’image du Schuldschein pour Seb en 2012. En outre, «nous concentrons notre offre en direction de nos marchés principaux, à savoir l’Allemagne et la Pologne», explique Markus Beumer, ainsi que certains pays d’Asie où l’établissement estime avoir un avantage concurrentiel sur ses rivaux français, comme le Bangladesh, l’Indonésie, voire Taïwan ou la Thaïlande.
Dotée d’une salle de marché de 25 professionnels (sur 85 salariés en France) spécialisée dans les produits de taux et les dérivés, la succursale propose également des services de couverture sur des monnaies «exotiques», comme le zloty polonais, le forint hongrois ou le rouble. Ette a pourtant revu à la baisse son dispositif dans les pays d’Europe orientale en 2011, en fermant sa filiale ukrainienne.
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