Cinven signe le plus gros LBO de l’année en Europe
Le flux de rachats à effet de levier supérieurs au milliard d’euros reste nourri en Europe. Le fonds Cinven vient même de signer la plus grosse opération du secteur sur le continent en 2014. Il a annoncé hier une prise de participation de 31,3% dans le groupe norvégien de logiciels de gestion pour les PME et de sous-traitance informatique Visma. La transaction valorise ce dernier à 21 milliards de couronnes norvégiennes, quelque 2,5 milliards d’euros, ce qui correspond à un investissement d’environ 780 millions d’euros pour le fonds britannique.
Visma devient un habitué des LBO à l’occasion de cette nouvelle reconfiguration du capital. KKR, entré en 2010 dans le tour de table, ramène sa participation de 76% à 31,3%. Un troisième fonds, le britannique HgCapital, est également de la partie: il était rentré chez Visma en 2006 et conservait une participation de 16%. Cette dernière sera cédée, permettant au vendeur de réaliser un multiple de 5,2 fois sa mise et un taux de rendement interne annualisé de 34% entre 2006 et 2014. Mais HgCapital réinvestit à travers un nouveau fonds, à hauteur de 31,3% aussi. Plusieurs investisseurs d’Europe du Nord co-investissent aux côtés des fonds. Le solde du capital est entre les mains des dirigeants.
Les performances de Visma, fondé en 1996 à Oslo, peuvent expliquer la fidélité des fonds et l’intérêt de Cinven. Depuis 2006, la société a fait croître ses revenus de 16% par an pour les porter en 2013 à 6,5 milliards de couronnes (778 millions d’euros), en partie grâce à un mouvement régulier d’acquisitions (75 sur la période). L’Ebitda a plus que quadruplé dans le même temps, à 1,32 milliard de couronnes, selon HgCapital, tandis que la marge opérationnelle passait de 13% à 21%.
Ces chiffres font donc apparaître un multiple de valorisation particulièrement élevé de 15,8 fois l’Ebitda 2013. Le nouveau LBO mené par Cinven et HgCapital est financé par dette bancaire, avec un consortium de banques du cru: DnB, Nordea, Danske Bank et Nykredit. La société a repoussé ses échéances de prêts à 2019 et a accru de 2,7 milliards de couronnes sa tranche B, à 6,4 milliards, qui s’ajoute à une tranche A de 4,25 milliards et à une ligne renouvelable de 750 millions. Soit un multiple de dette là aussi élevé de 8,6 fois l’Ebitda selon nos calculs.
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