Dans un discours prononcé à l’occasion du 30e anniversaire de la Banque de Slovénie, Christine Lagarde a déclaré s’attendre à ce que la BCE mette fin à ses achats nets d’actifs au début du troisième trimestre.
«La première hausse des taux d’intérêt [...] aura lieu quelque temps après la fin des achats nets d’actifs. Nous n’avons pas encore défini précisément la notion de ‘quelque temps’, mais j’ai été très claire sur le fait que cela pouvait signifier une période de quelques semaines seulement», a indiqué la responsable, selon le texte de son discours, retranscrit sur le site internet de la BCE.
En avril, lors de la conférence de presse qui avait suivi la dernière réunion de politique monétaire de la BCE, Christine Lagarde avait indiqué que «quelque temps» pouvait signifier «n’importe quoi entre une semaine et plusieurs mois».
Ces propos suggèrent que la BCE pourrait relever ses taux à l’issue de la réunion du conseil des gouverneurs prévue le 21 juillet. Avant Christine Lagarde, plusieurs responsables de la banque centrale, dont le vice-président Luis de Guindos et Isabel Schnabel, membre du directoire, avaient déjà jugé possible une première hausse des taux en juillet.
Le gouverneur de la Banque de France et membre du conseil des gouverneurs de la BCE, François Villeroy de Galhau, a de son côté indiqué mercredi matin que l’institution de Francfort pourrait relever ses taux de manière progressive à partir de cet été.
Le virage restrictif de la BCE s’explique par une inflation élevée en zone euro, due notamment à la flambée des prix de l'énergie consécutive à la guerre en Ukraine et aux difficultés d’approvisionnement provoquées par ce conflit, les confinements mis en oeuvre en Chine pour lutter contre la pandémie du Covid-19 et une forte demande en Europe et aux Etats-Unis après la levée des restrictions sanitaires dans ces régions.
Christine Lagarde a souligné mercredi que les mesures d’inflation sous-jacente et les anticipations d’inflation dépassaient désormais presque toutes l’objectif de la BCE, qui se situe à 2%. «Et nos projections pointent de plus en plus vers une inflation conforme à l’objectif à moyen terme», a-t-elle ajouté.
La Banque centrale européenne (BCE) pourrait, sans doute vers la fin 2026, augmenter de 1% à 2% le ratio des réserves obligatoires (MRR) et relever également les décotes sur les obligations sécurisées conservées pour les banques («retained covered bonds») pour être apportées en garantie. Ces deux mesures réduiraient l’excès de liquidité et, dans le même temps, la capacité des banques à obtenir des financements de la BCE. Avec des répercussions sur leurs futurs besoins.
L’inflation a légèrement augmenté en zone euro en juillet, moins rapidement que dans l’Hexagone. Dans les deux cas, la hausse des prix est notable dans les services - en parallèle du rebond des prix dans l’énergie - ce qui devrait renforcer les arguments en faveur d’une nouvelle hausse des taux de la Banque centrale européenne (BCE) en septembre.
La salve de statistiques officielles publiées jeudi a apporté de bonnes nouvelles sur l’évolution générale de l’économie au deuxième trimestre. La Banque centrale européenne (BCE) sera d’autant plus attentive à l’évolution de l’inflation d’ici à sa réunion monétaire du 10 septembre.
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