Christine Lagarde juge peu probable une hausse des taux en 2022
La Banque centrale européenne (BCE) marque à nouveau sa différence, après sa réunion du 28 octobre. Il est très peu probable qu’elle relève ses taux d’intérêt l’année prochaine en raison d’une inflation encore trop faible, a déclaré mercredi Christine Lagarde, s’opposant ainsi aux inquiétudes du marché.
«Dans nos orientations sur la probable évolution future de la politique monétaire (‘forward guidance’), nous avons clairement énoncé les trois conditions qui doivent être remplies avant que les taux ne commencent à être relevés», a affirmé la présidente de l’institution lors d’une conférence à Lisbonne organisée pour le 175e anniversaire de la banque centrale portugaise. Or, malgré la poussée actuelle de l’inflation, les perspectives d’inflation à moyen terme restent modérées et il est donc très peu probable que ces trois conditions soient remplies l’année prochaine, juge cette dernière.
La BCE et les investisseurs s’opposent sur l'évolution probable de l’inflation. Alors que la banque centrale la voit passer de plus de 4% actuellement à moins de 2% en 2022, les investisseurs s’attendent quant à eux sur des pressions inflationnistes plus durables qui amèneraient la BCE à resserrer sa politique monétaire.
Divergences de vue
Christine Lagarde n’est pas parvenue jeudi dernier à rassurer le marché sur le risque de persistance de l’inflation et sur la possibilité d’un relèvement des taux d’intérêt dès 2022.
Les investisseurs ont même brièvement anticipé deux hausses de taux l’année prochaine, selon le baromètre «ECB Watch» avant de miser sur une seule hausse, en octobre prochain.
Ces anticipations de marché ont augmenté en raison d’une plus grande incertitude sur les perspectives d’inflation, des effets indirects en provenance de l'étranger sur les anticipations de taux dans la zone euro et de certaines questions sur le calibrage des achats d’actifs dans le nouvel environnement post-pandémique, estime la présidente de la BCE.
«Un durcissement excessif des conditions de financement n’est pas souhaitable au moment où le pouvoir d’achat est déjà écorné par la hausse des factures d'énergie et de carburant et cela représenterait un obstacle injustifié à la reprise», a-t-elle ajouté.
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