Carrefour Banque se refinance sur le marché obligataire
Carrefour Banque, filiale de Carrefour (à hauteur de 60,8%) et de BNP Paribas (39,2%), a réalisé cette semaine deux opérations de taille sur le marché obligataire. La banque a émis 600 millions d’euros d’obligations et réalisé parallèlement une titrisation pour un montant similaire, profitant de la fenêtre de tir sur ce marché.
Alors que Carrefour Banque s’est refusé à tout commentaire, l’émission obligataire doit servir aux «besoins généraux de l’entreprise», indique dans une note SG CIB, teneur du livre d’ordres aux côtés de BBVA, BNP Paribas et HSBC. «Ces deux opérations de refinancement permettent de soutenir le développement de la filiale bancaire de Carrefour, l’opération de titrisation (de maturité courte de 1,9 an, adossée à un portefeuille de prêts à la clientèle de 850 millions d’euros) permettant de diversifier ses sources de financement», explique à L’Agefi Marnik Hinnekens, responsable de la recherche crédit chez Tullett Prebon.
Si Carrefour Banque commence à développer des produits d’épargne auprès des particuliers, «sa base de dépôts est encore faible et la banque est dès lors dépendante du marché du refinancement externe, souligne Marnik Hinnekens. Carrefour Banque dispose de lignes bancaires, de crédits syndiqués et bilatéraux qui vont être remboursés en partie grâce aux deux opérations».
Pour Carrefour, «qui a réalisé un bénéfice de seulement 371 millions d’euros en 2011, le pôle bancaire constitue un contributeur intéressant aux résultats», estime l’analyste. Le bénéfice net de la filiale de crédit a crû de 3% à 68 millions d’euros en 2011. La banque a porté ses encours de prêts à 3,6 milliards d’euros, soit une hausse de 5% par rapport à 2010 et de 64% sur deux ans. Toutefois, la qualité d’actifs se révèle «plutôt modeste» aux yeux de Tullett Prebon, le taux de créances douteuses s’élevant à 18,1%, un niveau élevé comparativement au secteur.
L’émission obligataire représente la première de cette importance pour Carrefour Banque, qui avait déjà par le passé réalisé de petites opérations. Le rendement, équivalent à 230 points de base au-dessus des midswaps, a été jugé attractif par les analystes. Cette émission a connu un «grand succès avec 5,5 milliards d’euros d’ordres», l’opération ayant été couverte à hauteur de 9,2 fois, souligne SG CIB.
Plus d'articles du même thème
-
L’Af2i a remis ses prix académiques pour des recherches publiées en 2025
La commission Recherche de l’Association française des investisseurs institutionnels a distingué trois chercheurs pour des travaux qui portent cette année sur des sujets de durabilité. -
Mubadala rassure les gestionnaires d’actifs américains
Mubadala, le fonds souverain d’Abou Dabi, a réaffirmé son engagement à investir aux États-Unis à l’occasion d’une conférence mondiale organisée par le Milken Institute. -
LD Pensions recherche un gérant actions européennes
Le danois LD Pensions a lancé un appel d’offres pour la gestion de ses investissements en actions européennes.
ETF à la Une
La collecte a repris sur le marché européen des ETF en avril
- Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
- La Société Générale tient bon grâce à la banque de détail
- La banque de détail porte les résultats du Crédit Agricole au premier trimestre
- La Société Générale affiche un résultat net trimestriel de 1,7 milliard d'euros
- Le gendarme de l'assurance suspend le courtier Jacques Pilliot
Contenu de nos partenaires
-
Le poids des motsEn s'attaquant à l'« assistanat », Marine Le Pen lisse ses divergences avec Jordan Bardella
En élargissant sa critique de « l’assistanat », marqueur longtemps verrouillé de son discours, Marine Le Pen amorce une redéfinition de son image politique à l’approche de 2027. Un ajustement qui réduit aussi le contraste grandissant avec Jordan Bardella -
Tête baissée« Projet Liberté » de Donald Trump : les risques du passage en force du détroit d'Ormuz
Les escortes américaines de navires commerciaux dans le passage stratégique pourraient bien les exposer encore plus aux tirs des Iraniens -
RadioscopieAudiovisuel public : mauvais rapport, bonnes questions
Aussi contestée soit-elle, la croisade menée par le rapporteur UDR de la commission d’enquête, Charles Alloncle, aura eu un mérite : mettre fin à l’immunité dont jouissaient France Télévisions et Radio France