Carlyle favorise une solution nationale en cédant Sermeta à son fondateur
La valse des opérations de LBO se poursuit en France. La cession de Sermeta par le fonds Carlyle, annoncée vendredi, consacre le retour de la PME bretonne dans le giron de l’un de ses fondateurs, Joseph Le Mer, épaulé notamment par Arkéa Capital Partenaires et Bpifrance. Le montant de l’opération (entre 800 millions et un milliard d’euros, de source proche, pour 186 millions de revenus en 2013) confirme en outre la hausse des valorisations pour les moyennes entreprises et les ETI performantes. Sermeta – dont les cash-flows, selon nos informations, représentent près de 90% de son Ebitda – est le leader mondial des échangeurs thermiques pour les chaudières à gaz.
Plusieurs propositions non sollicitées de candidats acquéreurs, en début d’année, ont encouragé Carlyle à envisager une sortie, alors qu’il avait acquis Sermeta (à l’époque baptisé Giannoni) en 2010 pour 490 millions d’euros. Joseph Le Mer et sa famille, qui détenaient une participation de 35%, ne souhaitaient pas courir le risque de voir leur société vendue à un industriel – ce qui aurait signé la mort du groupe en tant que tel, sans parler du risque de délocalisation – ou à un fonds d’investissement majoritaire, qui l’aurait obligé à réaliser une nouvelle opération quelques années plus tard.
Or, compte tenu de l’accord passé avec Carlyle au moment du premier LBO, le fondateur avait la faculté de proposer une offre alternative à partir du moment où les conditions financières étaient proches. En dehors de l’aspect pécuniaire, revendre au fondateur présentait plusieurs avantages: pas de contraintes antitrust, un risque moindre de pertes de clients et un dossier plus acceptable sur le plan social et politique.
De son côté, Joseph Le Mer fait appel à des investisseurs de long terme. Arkéa Capital Partenaire investit 70 millions d’euros dans la holding de tête, qui serait néanmoins contrôlée par le dirigeant. Bpifrance injecte pour sa part 180 millions d’euros en actions et en obligations convertibles dans la holding intermédiaire (un montant record dans une société non cotée pour la Banque publique d’investissement), aux côtés du Crédit Agricole et de sa filiale d’investissement Unexo, qui injectent 22 millions.
L’opération est financée par environ 400 millions d’euros de dette bancaire, arrangée en deux tranches par CA CIB. Arkéa devrait participer à la syndication, ainsi que la plupart des autres grandes banques françaises.
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