Bruxelles recommande des sanctions pénales après l’affaire du Libor
Le trucage des benchmarks, indices ou taux de référence tels que le Libor ou l’Euribor, pourra à l’avenir être puni au même titre que n’importe quelle autre manipulation de marché ou délit d’initié. Sous le coup de l’affaire Barclays, Bruxelles va proposer de mettre à jour sa législation sur les abus de marché, qui est déjà actuellement en cours de révision au Parlement et au Conseil européen.
La définition de la manipulation de marché va ainsi être étendue à «toute transmission d’information, input, calcul ou comportement utilisé pour affecter, affectant réellement ou ayant des chances d’affecter le calcul du benchmark», selon une proposition dont L’Agefi a eu connaissance et qui devrait être adoptée demain par la Commission européenne. Tout comme pour les autres manipulations, il ne sera pas nécessaire de démontrer que de fausses déclarations ont eu un effet avéré sur la valeur du taux ou de l’indice pour rendre leurs auteurs passibles de sanctions.
Ces amendements vont être introduits dans le texte à la faveur de son examen par le Parlement européen où le vote de la commission des affaires économiques et monétaires n’est pas attendu avant octobre. Le règlement en discussion fixe à 5 millions d’euros maximum pour les personnes physiques et 10% du chiffre d’affaires pour les personnes morales, les sanctions administratives. Les sanctions pénales, elles, doivent être «effectives, proportionnées et dissuasives ».
Jusqu’à présent, l’arsenal juridique européen contre des manipulations comme celle révélée sur le Libor se limitait au contrôle anticartel. La Commission européenne a confirmé avoir ouvert «plusieurs enquêtes parallèles» l’année dernière sur l’Euribor et des dérivés de taux. Ses enquêteurs se sont concentrés jusqu’à présent sur les banques participantes, chez lesquelles ils ont mené des inspections en octobre 2011. L’AFP a révélé lundi que l’Euribor-FBE, l’association de droit belge rattachée à la Fédération bancaire européenne, qui gère l’Euribor, l’Eonia, l’Eurepo et l’Eonia Swap Index, n’avait pas été contactée, en dépit de son offre de coopération.
La Commission européenne, qui n’est pas tenue par des délais dans le cadre de ses enquêtes antitrust, n’a pas adressé à ce stade de «communication de griefs» aux banques. Mais Joaquin Almunia, le vice-président de la Commission en charge de la concurrence, a récemment indiqué que ces enquêtes étaient désormais «une priorité».
Plus d'articles du même thème
-
Les gestions anticipent toujours une résistance des Bourses
Les Bourses japonaises et américaines devraient à peine progresser sur les six prochains mois. Paris dispose de près de 4% de potentiel de hausse, juste de quoi effacer le retard accumulé depuis le début de l’année. -
Les gérants affichent toujours un portefeuille offensif
Les actions pèsent encore 50%, tandis que l’obligataire progresse de deux points à 43%. Signe de relative confiance, la poche de cash retombe sur ses plus bas. -
Le forum fintech de l'AMF et de l'ACPR souffle ses dix bougies
En dix ans, les enjeux autour des fintechs ont changé. La tokenisation et l'intelligence artificielle sont sur le devant de la scène.
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Contenu de nos partenaires
-
Attaque-défenseContrôle des investissements étrangers : Berlin prépare un plan anti-Chine
Le ministère allemand de l'Economie veut renforcer le droit de regard du gouvernement fédéral pour prévenir des investissements chinois dans des secteurs stratégiques -
BougeotteÇa swingue dans les conseils d'administration du CAC 40
Le renouvellement des conseils d’administration devient un sujet de stratégie à part entière. En France, les entreprises du CAC 40 ont davantage recruté en 2025 et privilégient les profils plus transversaux, souligne une étude du cabinet Heidrick & Struggles -
Force majeureCernés par la menace iranienne, Riyad et Abu Dhabi contraints de se reparler
Les deux pays du Golfe entretiennent une intense rivalité, mais les récentes avancées des Houthis au Yémen pourraient bien les pousser à se rapprocher