Bruxelles peaufine son plan d’épargne retraite européen
En gestation depuis des années, le projet de plan d’épargne retraite européen devrait bientôt voir le jour. La Commission doit publier d’ici à la fin de l’été une proposition législative pour créer un Pan European Personal Pension Product (PEPP). Lors d’une conférence sur l’épargne hier en Italie, le président de l’Autorité européenne des assurances et des pensions (Eiopa), Gabriel Bernardino, a pu rappeler toute l’importance du projet dans le cadre d’une Union des marchés de capitaux qui vise à favoriser l’investissement de long terme.
Inspiré des travaux de l’Eiopa, le PEPP se présente comme un produit (et non un fonds) d’épargne retraite pan-européen, distribué dans tous les pays et souscrit sur une base volontaire. Il comporterait quelques éléments standards : l’information de l’épargnant, une option d’investissement par défaut, et un nombre limité de choix d’investissement. D’autres éléments seraient flexibles, comme les éventuelles garanties, le plafonnement des frais de gestion, et les conditions du passage d’un fournisseur à un autre. Dans ses conseils techniques à la Commission, l’Eiopa n’a pas proposé non plus de cadre standard pour la phase de sortie (rente, capital, etc…).
L’approche retenue compte de chauds partisans, comme Better Finance, qui fédère les épargnants européens, ou ICI Global, représentant les fonds régulés. «Faire fonctionner le PEPP est une priorité, plutôt que de chercher à harmoniser les règles des produits d’épargne retraite nationaux, très divergentes», notait ICI dans sa réponse à la consultation de l’Eiopa.
«Le PEPP doit être un produit ouvert, simple et compétitif», a rappelé hier Guillaume Prache, directeur général de Better Finance. Or, il sera soumis à la concurrence des produits locaux, qui bénéficient au cas par cas de régimes fiscaux favorables. Sur ce point, l’Eiopa souligne la nécessité pour son PEPP de disposer du même traitement fiscal dans un pays donné que ces produits de retraite nationaux. Cela pourrait ne pas suffire. «Les intermédiaires financiers dans les marchés locaux vendent des produits d’épargne retraite à coût élevé sur lesquels ils touchent des commissions. Le PEPP ne marchera pas si les superviseurs européens et nationaux n’appliquent pas des règles strictes sur ces conflits d’intérêts», réagissait hier sur Twitter Mike McAteer, qui préside le Financial Services Users Group auprès de la Commission européenne.
Plus d'articles du même thème
-
Les entreprises sont insuffisamment équipées pour les retraites de leurs salariés
Près d'une entreprise sur deux ne dispose d'aucun dispositif de retraite supplémentaire selon une enquête du courtier mondial WTW. Et près d'un régime sur deux est un Plan d'épargne retraite obligatoire (PERO). -
L’OCDE presse les Etats de miser davantage sur la retraite par capitalisation
Les actifs de retraite de la zone OCDE ont atteint 78.000 milliards de dollars fin 2025, selon l’organisation, qui constate un déficit de cotisations dans la quasi-totalité de ses pays membres. -
Les cheminots anglais externalisent leur gestion en actions mondiales
Le fonds de pension britannique Railpen vient d’attribuer un mandat de gestion d’un milliard de livres en actions mondiales.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale supprime des postes dans sa banque de détail et ses services titres
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Pour les banques françaises, la défaite de Donald Trump éclipse une décision de Fitch
Contenu de nos partenaires
-
Immobilier : la baisse des prix ne suffit pas à compenser la hausse des taux
L'envie d’acheter n’a pas disparu. Pourtant, accéder à la propriété semble aujourd’hui plus difficile que pour les générations précédentes. Qu’attendre du marché immobilier, que vous soyez acheteur ou vendeur ? -
Tribune libreOlivier Babeau et Jean-Claude Bourrelier : « Le travail doit à nouveau payer »
Ne demandons pas aux Français de travailler davantage pour gagner peu. Pour redresser la France, commençons par une évidence : que le travail paie de nouveau -
Seine colèreQuand François Bayrou a fait le forcing pour occuper un hôtel particulier aux Invalides
Nommé en 2020 à la tête du Haut-Commissariat au Plan, le centriste, qui a toujours alerté sur les dangers de la dette et des déficits publics, a fait stopper la vente d'un hôtel particulier parisien par l'Etat pour s'offrir des salons d'apparat