Bruxelles est invitée à avancer plus vite sur le financement participatif

Le développement rapide du «crowfunding» soulève de sérieuses questions en matière de protection des investisseurs, selon le CFA Institute
Florence Autret, à Bruxelles
Crowdfunding: Bruxelles invitée à avancer plus vite. Crédit Fotolia.
Crowdfunding: Bruxelles invitée à avancer plus vite. Crédit Fotolia.  - 

Au moins une chose qui fait l’unanimité concernant le financement participatif: son potentiel de développement et sa contribution au financement des PME. «La véritable valeur du crowdfunding concerne les start-up. La plate-forme permet d’accéder au projet et d’avoir une valorisation pour des sociétés qui ne disposent pas de données financières», explique Philippe Dardier, président de la Bourse Alternativa. Celle-ci a rejoint l’European Crowdfunding Network et voit dans les plates-formes de financement en actions un moyen d’amener les sociétés vers le monde régulé dont elle fait partie. «Nous sommes le niveau d’après la plate-forme, un marché d’incubation», dit Philippe Dardier.

Mais quant à la stratégie réglementaire à adopter, les avis divergent. Le CFA Institute vient de prendre position en faveur d’un «cadre réglementaire complet». Intégrité des plates-formes de prêts comme d’investissement en actions, transparence des émetteurs comme des plates-formes elles-mêmes, due diligence et amélioration de la gouvernance des sociétés financées: l’institut centré sur la protection des investisseurs recommande plus d’une vingtaine de mesures.

Cette position, qui part du constat de réglementations très divergentes en Europe, prend le contrepied de la Commission européenne. Dans sa communication du 27 mars, l’exécutif européen se donne jusqu’à 2015 pour arrêter une politique précise. D’ici là, il propose la création d’un «forum européen» destiné à la fois à améliorer sa connaissance du secteur et à promouvoir «les bonnes pratiques». Une manière de temporiser justifiée par l’agenda politique (le mandat de la Commission expire à l’automne) plus que par les besoins de l’activité, juge le CFA. Selon l’Organisation mondiale des régulateurs de valeurs mobilières (OICV), celle-ci a crû de 145% en 2013 (hors dons).

En l’absence de cadre réglementaire clair et unifié, la levée de fonds via les plates-formes électroniques risque de se galvauder. «Il faut veiller à garder la dimension éthique et morale qui séduit les investisseurs, ne pas faire du crowdfunding juste un mode de marketing en ligne», explique Philippe Dardier. Les contraintes actuelles peuvent également générer des montages peu favorables aux investisseurs, comme la création de fonds d’investissement dans des plates-formes. Pour le président d’Alternativa, «mieux vaut être propriétaire des titres vifs et ne pas avoir à passer par différentes couches de gestion».

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...