Bridgepoint va mettre la main sur l'éditeur de logiciels eFront
Bridgepoint s’apprête à mettre la main sur une pépite. Le fonds de private equity est entré en négociations exclusives pour racheter l’éditeur français de solutions logicielles eFront au californien Francisco Partners. Selon plusieurs sources financières, la valeur de la transaction tourne autour de 300 millions d’euros, dette comprise. Le financement, de 127 millions d’euros, sera apporté par HSBC et ING avec le soutien de Bank of Ireland et de Babson Capital, en attendant qu’une poignée de prêteurs supplémentaires se joignent au pool, a appris L’Agefi. Bridgepoint aurait opté pour une dette 100% senior.
eFront est bien connu du secteur du capital investissement. Le groupe est en effet spécialisé dans la fourniture de solutions pour l’univers du private equity et de la gestion: analyse de performance, suivi des lignes dans un portefeuille de participation, etc. Cette année, la société devrait réaliser un chiffre d’affaires de 72 millions d’euros pour un Ebitda comptable de 16 millions d’euros, mais qui serait déjà en réalité supérieur à 20 millions compte tenu des nouveaux contrats signés.
Si ces chiffres 2014 font ressortir en apparence des multiples de valorisation élevés pour la transaction, le prix payé doit s’apprécier à l’aune des perspectives de croissance. A fin 2015, eFront viserait un chiffre d’affaires aux alentours de 90 millions d’euros, ce qui équivaudrait à une progression de 25% sur un an, pour un Ebitda de 24 millions. Sur cette base, Bridgepoint paierait l’éditeur 12,5 fois son Ebitda estimé et le levier reviendrait dans des eaux plus raisonnables, autour de 5,3 fois.
Le dynamisme d’eFront a attiré de nombreux candidats lors du processus dual organisé par le bureau new-yorkais de Barclays, qui avait aussi envisagé une introduction en Bourse. Côté européen, outre Bridgepoint, les fonds Permira et Astorg étaient sur les rangs. Aux Etats-Unis, où eFront réalise 40% de son chiffre d’affaires, des fonds américains comme TPG et Silver Lake ont participé aux enchères. Des industriels, comme Markit, auraient aussi regardé le dossier.
Cette concurrence a permis au fonds Francisco Partners de réaliser une très bonne affaire. En 2011, lorsque l’investisseur spécialisé dans les technologies avait retiré eFront de la cote, l’éditeur de logiciels avait été valorisé à 68 millions d’euros hors dette. Une valeur d’equity multipliée par 2,5 depuis lors.
Plus d'articles du même thème
-
Le pétrole restera cher encore quelque temps
Entre de nouvelles attaques de pétroliers dans le Golfe et les risques récurrents de perturbation du trafic dans le détroit d’Ormuz, les prix du Brent se sont encore envolés ces derniers jours. Les analystes de Goldman Sachs estiment que les équilibres offre-demande pourraient commencer à se rétablir à partir de décembre. -
Le marché européen des ABS sur le crédit conso résiste
Entre un marché du travail encore solide en Europe, un cycle d’émissions record, la recherche de rendement et des structures protectrices, les titrisations adossées aux crédits à la consommation et aux cartes de crédit (Consumer ABS) affichent une robustesse plutôt inattendue dans le contexte actuel. -
Un redressement vigoureux de la Sécurité sociale s’impose selon la Cour des comptes
Alors que s’ouvre tout juste l’examen de la partie recettes du projet de loi de finances de la Sécurité sociale à l’Assemblée, la Cour des comptes souligne la nécessité d’engager un redressement de 10 milliards d’euros dès 2027 et l’urgence de trouver une solution de financement durable de la Sécurité sociale.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
La collecte des ETF obligataires bondit de 60% début octobre en Europe
- BNP Paribas augmente la plupart de ses salariés entre 1.000 et 1.500 euros
- Macif Vie est menacée par la Cnil d'une sanction de 7 millions d’euros
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- Eutelsat bondit en Bourse alors que Starlink réduit ses services en Ukraine
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
Contenu de nos partenaires
-
Casse-têtePouvoir d'achat : malaise économique, piège politique
La préoccupation numéro un des Français, que les violences ont reléguée au second plan ces derniers jours, sera évoquée mercredi lors du rendez-vous entre Sébastien Lecornu et les syndicats -
Chômage partiel, prêts à taux zéro… Les aides du gouvernement aux commerçants touchés par les violences
L’exécutif a annoncé mardi de premières mesures de soutien financier aux quelque 3 000 commerces dont l’activité a été touchée par les violences urbaines du 17 octobre -
Engagement mutuelEmmanuel Macron, meilleur ami des pays du Golfe… et de leur pétrole
Confrontés à l'instabilité de Washington, ces riches Etats pétroliers apprécient fortement les moyens militaires français engagés pour les défendre