Breega Capital devient le premier fonds à obtenir le statut EuVECA en France
Le fonds de capital-risque Breega Capital devient le premier en France à obtenir le statut EuVECA (European Venture Capital funds), né d’un règlement ad hoc adopté en juillet 2013 en parallèle de la directive AIFM sur les fonds d’investissement alternatifs. Ce règlement autorise les sociétés de gestion non AIFM à commercialiser dans toute l’Europe un fonds de capital-risque EuVECA (au-dessous de 500 millions d’euros) dans un cadre administratif assoupli, sous certaines conditions: être investi pour au moins 70% en actions de PME européennes non cotées, et sans effet de levier; avoir certaines ressources et procédures (notamment de valorisation et de reporting annuels); n’être commercialisé qu’auprès d’investisseurs avertis, pour un minimum de 100.000 euros.
«Les fonds EuVECA bénéficient d’un passeport européen simplifié, mais, à la différence des statuts AIFM ou Ucits, ne sont pas tenus d’avoir recours à un dépositaire, expliquent François Paulus (ex-Neuf Cegetel) et Benoît Marrel (ex-Macquarie Bank), deux des trois fondateurs avec Maximilien Bacot. Pour le reste, les formats de reporting, contrôle des risques et des conflits d’intérêts sont équivalents.»
Après avoir reçu le soutien initial d’une vingtaine d’entrepreneurs issus du numérique (Michel Combes, Frank Esser, Michel de Rosen, Serge Schoen, Jacques Veyrat…) en 2013, le fonds Breega Capital Venture 1 a séduit MF Prévoyance (groupe CNP) pour un premier «closing» à hauteur de 20 millions d’euros. Il prévoit de convaincre d’autres institutionnels européens pour atteindre rapidement l’objectif de 35 millions.
Breega Capital a déjà investi dans quatre start-up dont Clic and Walk (collecte de données marketing en temps réel), Doutissima (leader de l’information médicale en ligne en Amérique latine) et Zeepro (imprimantes 3D grand public). La stratégie: apporter entre 500.000 et 2 millions d’euros comme investisseur de référence dans de jeunes entreprises innovantes du secteur numérique répondant à un vrai besoin de marché en ayant déjà généré un peu de chiffre d’affaires.
«Avec pour objectif de les amener à être rentables et à s’internationaliser très vite, détaille François Paulus. Nous sommes avant tout des entrepreneurs qui souhaitons accompagner activement d’autres entrepreneurs sur des problématiques opérationnelles, et plus directement que dans d’autres fonds. Des entrepreneurs français, mais eux aussi très ouverts sur l’international.»
Plus d'articles du même thème
-
Le prospectus d'introduction en Bourse d'Anthropic met en lumière de nombreux «facteurs de risque»
La fuite dans la presse du document S-1 d’introduction en Bourse d'Anthropic révèle notamment que l’éditeur de Claude a perdu 8 milliards de dollars l'an dernier pour un chiffre d'affaires de 4,6 milliards de dollars. -
Le choc chinois 2.0
Le premier choc chinois avait fait de la Chine l’usine du monde. Le second pourrait rebattre les cartes de la puissance industrielle et technologique mondiale. Face à ce «choc chinois 2.0», l’Europe doit certes réagir, mais elle doit surtout agir, prévient Isabelle Job-Bazille, directrice des études économiques du Groupe Crédit Agricole. -
Bruxelles poursuit son Omnibus fiscal
Les Etats membres ont examiné un projet de simplification des règles fiscales le 23 septembre dernier. Un projet qui, à terme, permettrait près de 8 milliards d’euros d’économies par an pour les entreprises.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
Contenu de nos partenaires
-
« Une tentative d’assassinat politique » : Jordan Bardella et le RN font bloc malgré les accusations
Jordan Bardella, Marine Le Pen et les cadres du RN ont poursuivi l’opération déminage mardi après l’enquête de Mediapart accusant l’eurodéputé d’antisémitisme. -
Trinune libreDette publique : pourquoi la boule de neige s’emballe
La dette française a atteint son plus haut niveau depuis 1946. Avec des taux durablement supérieurs à la croissance, la charge des intérêts de la dette dépassera 90 milliards d'euros en 2027 -
Tout et son contraireFace aux Houthis, un camp gouvernemental profondément fragmenté
Le gouvernement internationalement reconnu s'appuie sur une constellation de groupes armés aux intérêts parfois divergents