Bpifrance mobilise le capital-investissement dans l'économie du vieillissement
Après la création d’une filière en avril 2013, l’installation de son comité en juillet et la signature d’un contrat de filière en décembre, la «silver économie» (activités liées au vieillissement) s’est enrichie d’un fonds d’investissement sectoriel.
Ce fonds professionnel de capital-investissement (FPCI, nouvelle dénomination des FCPR) a réalisé un premier tour de table de 42 millions d’euros, auquel ont contribué Bpifrance (premier souscripteur à hauteur de 10 millions), les organismes de prévoyance et de protection sociale Klesia, Malakoff Médéric, Ircem Mutuelle (5 millions), Ocirp, Réunica, Humanis et Harmonie Mutuelle. Le détail des montants n’a pas été communiqué, car ces derniers peuvent encore évoluer en fonction de leur ratio d’emprise final une fois la levée achevée. Le ticket minimum est fixé à 3 millions. Les instigateurs du projet espèrent atteindre 100 millions, voire légèrement au-delà, dans les douze mois. Avant même la création de la filière, le projet avait émergé il y a 18 mois sur un concept plus large: un véhicule dédié aux services innovants de santé.
Au-delà des professionnels de l’assurance et de la protection sociale, le fonds espère élargir ses souscripteurs aux industriels, censés être partie prenante du projet de soutien à la «silver économie». La Fédération des industries électriques, électroniques et de communication est en effet signataire du contrat de filière. «Nous continuons de rencontrer les industriels de tous secteurs, des télécommunications à la pharmacie», indique Pascal Lagarde, directeur de la stratégie et du développement de Bpifrance.
Géré par Innovation Capital (ex-CDC Innovation), le fonds entend investir entre 2 et 10 millions d’euros dans dix à quinze sociétés innovantes réalisant jusqu’à une dizaine de millions d’euros de revenus. Soit en tant que premier investisseur, soit en relais de fonds régionaux ou d’amorçage. Il s’agit d’accompagner ces PME dans la durée. «Notre participation sera en général inférieure à 50% du capital des sociétés, mais nous pourrons être majoritaires. A mesure qu’une société deviendra profitable, nous pourrons mettre de la dette bancaire ou mezzanine pour continuer à la financer», précise Valéry Huot, associé gérant d’Innovation Capital.
Afin d’accélérer le développement de la filière, Bpifrance n’exclut pas de soutenir d’autres projets en cours (d’initiative privée), à travers son activité de fonds de fonds.
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