Bpifrance devrait encore accélérer la cadence de ses prêts sans garantie
Les appels en faveur «d’une offensive» sur l’investissement du directeur général de Bpifrance, Nicolas Dufourcq, ont été entendus par François Hollande. Annoncée vendredi par le Président de la République à l’occasion d’un déplacement dans l’Oise, l’augmentation de la capacité d’origination de prêts sans garantie de la banque publique pourrait en effet voir ses contours se dessiner à l’occasion du Conseil des ministres qui se tient aujourd’hui.
Lors de la présentation mi-mars des résultats de la banque publique, son directeur général avait vivement salué le succès de ces «prêts au développement» des entreprises. Réalisés en co-financement à part égale avec les banques privées, ces prêts aux PME et ETI d’une durée de sept ans servant à financer «l’immatériel» (le besoin en fonds de roulement, le développement, des recrutements de compétences, l’innovation, une stratégie export,...) avaient enregistré une croissance de 42% l’an dernier, passant de 1,2 milliard d’euros en 2013 à 1,7 milliard.
L’impact de la promesse du Président de la République, qui a annoncé que «ces prêts seront portés jusqu’à 8 milliards d’euros pour (…) permettre aux entreprises (…) d’investir encore davantage», demeure cependant sujet à interrogation. Selon son plan stratégique actualisé 2014-2017, la banque publique ambitionne en effet de porter son «offre de prêts de développement [à] plus de 2 milliards d’euros par an à horizon 2017». En prenant en compte une augmentation progressive jusqu’aux 2 milliards d’euros visés, l’encours approcherait déjà les 7,5 milliards à la fin 2017 au rythme actuel.
L’un des enjeux majeurs de l’annonce de l’exécutif tiendra en outre au financement de cette augmentation de voilure. Pour l’heure, Bpifrance réalise ses prêts en s’appuyant sur ses fonds internes dédiés à la garantie et à l’innovation, dont le volume a baissé l’an dernier de 3,2 à 3 milliards d’euros. «Ce qu’on demande avant tout à nos amis de la Commission (...) c’est de nous donner des sous [pour] faire plus de prêts sans garantie», avait plaidé mi-mars Nicolas Dufourcq en réponse à une question sur l’utilisation des fonds du plan Juncker.
Une autre piste, qu’avançait mardi le journal Les Echos, consisterait à aller piocher dans le programme d’investissement d’avenir (PIA) pour trouver un montant de l’ordre de 100 à 200 millions d’euros. Une troisième levée pour abonder le PIA est en cours.
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