Bpifrance confirme son rôle vital pour le capital-investissement

L’activité solide de l’ancien CDC Entreprises met en évidence l’atonie de plusieurs segments du private equity en France
Antoine Landrot
Photo: Pascal Sittler/REA
Photo: Pascal Sittler/REA  - 

Succédant à CDC Entreprises, Bpifrance Investissement a publié hier son étude annuelle sur son activité dans le private equity. 2012 a été un exercice exceptionnel à plusieurs titres pour le pôle de Bpifrance spécialisé dans le financement en fonds propres, direct (à travers des fonds gérés par ses équipes) ou indirect (en contribuant à des véhicules gérés par d’autres).

Sur les 5 milliards d’euros levés par la profession en France dans son univers, qui exclut les LBO supérieurs à 100 millions d’euros et l’investissement dans les ETI, traités notamment par le Fonds stratégique d’investissement, les fonds auxquels Bpifrance a apporté son concours en représentent 44%, soit 2,2 milliards. Un montant en hausse de 65% par rapport à 2011, alors que le marché recule de 22%.

En termes d’investissement, Bpifrance a misé directement ou indirectement 1,3 milliard d’euros l’année dernière, portant le total investi à 6,5 milliards d’euros. 881 PME en ont bénéficié, soit 57% de celles qui ont reçu un apport en capital. La proportion est encore plus importante dans le capital-risque et l’amorçage, où Bpifrance intervient dans quasiment 100% des opérations. «Sans Bpifrance, il n’y a plus de capital-risque en France; sans Bpifrance et les Investissements d’avenir, il n’y a plus d’amorçage», constate sobrement Nicolas Dufourcq, son directeur général.

Depuis le début de l’année, l’Association française des investisseurs pour la croissance (Afic) a tiré la sonnette d’alarme concernant une pénurie de ressources pour le capital-développement. De même, si le capital-risque a réalisé une collecte d’un milliard d’euros en 2012, les investissements se sont effondrés. Des statistiques qui ont été confirmées par celles de l’indicateur Chausson Finance au premier semestre 2013 dans le sous-segment de l’amorçage.

«C’est une problématique propre à l’Afic et au gros capital-développement. Dans les petites PME régionales où nous investissons, un catalyseur public est nécessaire pour éviter qu’une faille de marché apparaisse. Quant au capital-risque et à l’amorçage, ce ne sont pas des thèses attirantes pour les gérants privés», estime Nicolas Dufourcq.

En revanche, le responsable déplore la faiblesse du retournement en France, qui souffre depuis 2012. En plus des 130 millions d’euros déjà engagés, Bpifrance Investissement va en consacrer 170 millions de plus d’ici à la fin janvier. L’institution soutiendra notamment la création de deux nouvelles équipes.

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