- Marchés actions
- Tribune
Boom de l’IA ou effondrement, tous les scénarios sont possibles
Les investisseurs s’interrogent sur l’IA : bulle ou non ? C’est pourquoi nous avons étudié deux scénarios parallèles, un “effondrement de l’IA” et un “boom de l’IA”, pour analyser les conséquences potentielles.
Dans le premier, calqué sur l'éclatement de la bulle technologique de 1999-2000, une chute des investissements dans l’IA déclencherait une légère récession et deux années de stagnation. Elle aurait un impact négatif sur la consommation privée car la chute des cours de Bourse et la hausse du chômage joueraient sur le moral des ménages et leurs dépenses. Autant de facteurs déflationnistes.
Le scénario du “boom” est beaucoup plus difficile à appréhender. Nous avons supposé qu’après une instabilité du marché fin 2026, les investissements en IA connaîtront une pause, le temps que les gagnants et les perdants de cette course soient désignés. Suivra une hausse exponentielle des investissements à mesure qu’il apparaîtra clairement que l’IA est transformante. Cela devrait soutenir une croissance robuste du PIB américain.
Un défi pour la Fed
Dans ce scénario où la robotique et les véhicules autonomes, entre autres technologies, commencent à remplacer les travailleurs, les perspectives en matière de consommation sont moins claires. En supposant que la croissance démographique et les taux d’activité restent inchangés, la productivité impliquerait une augmentation du taux de chômage vers 10 %. Cette croissance sans création d’emplois aurait, au minimum, un impact légèrement négatif sur la consommation.
Pour la Fed, ces deux scénarios représentent un défi. D’un côté, l’augmentation des licenciements et la déflation ouvriraient la voie à des baisses de taux. Mais les implications budgétaires du scénario « boom de l’IA » pourraient aussi inciter la Fed à procéder à des baisses de taux car la perspective d’une croissance sans emploi pourrait avoir des implications profondes pour les finances publiques américaines, sachant qu’environ les trois quarts des recettes fédérales proviennent de l’imposition du travail, tandis que seulement environ un quart provient des sociétés.
Cela implique que les États-Unis, ainsi que d’autres gouvernements à travers le monde, devraient augmenter les impôts prélevés sur les entreprises et peut-être même procéder à une refonte totale des cadres fiscaux et budgétaires. Cela mènerait certainement à une hausse des rendements obligataires à long terme, car les investisseurs exigeraient des primes de risque plus élevées.
Plus d'articles du même thème
-
Avec le commerce agentique, l’industrie bancaire peut être l'arbitre de confiance entre IA et consommateurs
L'essor promis du commerce agentique passe par la capacité de garantir l'usage en confiance de tels agents. Les banques disposent d'une occasion rare sur ce terrain, celle de devenir la référence qui fixe le cadre du marché, estime Mung Ki Woo, directeur digital & innovation pour les services financiers de Sopra Steria. -
Patrick Thiberge : «A terme, l'IA pourrait permettre à l’utilisateur de souscrire directement au produit recommandé»
L'IA menace-t-elle le modèle même qui a fait le succès du groupe Meilleurtaux ? Pour le président de la branche épargne et investissement du groupe, Meilleurtaux Placement, la question n'est plus de savoir s'il faut l'adopter, mais comment l'utiliser pour gagner en productivité, renforcer le conseil et rester visible dans un monde où les moteurs d'IA orienteront demain les choix des épargnants. -
Fundscreener veut devenir l'outil indispensable des CGP pour la construction d'allocations d'actifs
Développée par trois anciens de La Financière de l'Arc, la plateforme qui s'adresse aux conseillers en gestion de patrimoine permet notamment une meilleure transparisation des fonds.
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Belfius rachète Leocare et intéresserait le Crédit Agricole
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Garance s’ajoute à la liste des mutuelles dans la tourmente
- Le Crédit Agricole crée une société dédiée à l'IA pour y concentrer ses efforts
Contenu de nos partenaires
-
EditorialIran : Donald Trump a-t-il tout faux, vraiment ?
Faut-il par exemple tenir pour quantité négligeable la tenue, soixante jours durant, de négociations américano-iraniennes sur le nucléaire de Téhéran ? -
FléauObésité : une stratégie « raisonnable » mais incomplète
Le remboursement des traitements stars Wegovy et Mounjaro ne suffira pas à réduire la prévalence de cette maladie et de son impact sur les dépenses de santé, explique l'économiste Nathalie Mathieu-Bolh -
Violences urbaines : ponctionner les prestations sociales, l'arme de Matignon contre les casseurs
Le gouvernement s'apprête à présenter un texte visant à faire payer aux auteurs de violences urbaines les dégâts qu'ils ont causés en ponctionnant les aides reçues