BNP Paribas transfère des encours de Paris vers Bruxelles
BNP Paribas continue à réorganiser ses activités de financements spécialisés. La banque a dévoilé hier lors d’un comité central d’entreprise un projet de transfert de Paris vers Bruxelles d’une partie de ses financements structurés, couvrant notamment l’export et le trade finance. Un déplacement qui répond à la fois à une logique industrielle et d’optimisation de fonds propres.
Les activités en question représentent plusieurs milliards d’euros d’encours, selon une source interne. Une cinquantaine de collaborateurs en front-office, dont 12 cadres dirigeants, sont concernés. Certains pourraient continuer à exercer depuis Paris.
Fortis Banque, la filiale belge, est déjà devenue après son rachat le centre de compétence du groupe sur un certain nombre de métiers en Europe, comme le financement de projet, d’acquisition ou export. Bruxelles couvre ainsi déjà le Benelux, l’Europe du Nord et la Turquie. L’idée est de rattacher à Fortis ces mêmes activités au Royaume-Uni, en Allemagne ou encore au Moyen-Orient, aujourd’hui couvertes depuis Paris. En revanche, les financements spécialisés à la clientèle domestique resteront traités en France et en Italie pour ces deux grands marchés du groupe.
Ce projet permettra aussi à BNP Paribas de mieux allouer ses fonds propres. Fortis Banque est particulièrement riche: elle affichait à fin 2011 un ratio de solvabilité tier one de 16,5%, indique son rapport annuel. La partie française étant moins capitalisée, elle trouve un intérêt à déplacer des encours pondérés du risque vers sa filiale belge, qui récupérera de son côté un surcroît de revenus et de résultats.
Le directeur financier du groupe, Lars Machenil, avait aussi fait allusion, le mois dernier, devant des analystes financiers, à des transferts d’activité pour gérer les ratios de liquidité de la banque dans chaque pays. Comme par exemple du financement de matières premières vers la Suisse, ou de l’export finance espagnol vers la Belgique. Dans ce cas précis, la gestion de la liquidité ne serait pas l’argument principal.
Entre les premiers transferts vers Bruxelles après le rachat de Fortis et le plan de suppressions de postes en cours chez BNP Paribas CIB, les métiers de financements structurés ont été chahutés. Selon la CFDT, ils auraient supporté cette année 116 suppressions de postes.
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