BNP Paribas innove en titrisant des financements de matières premières
Les banques ne chôment pas pour continuer à exercer leurs activités dans un contexte réglementaire plus contraignant. Jeudi soir, depuis Londres, BNP Paribas a annoncé avoir placé 131,6 millions de dollars de prêts liés au commerce des matières premières, à travers une opération de titrisation. Cette opération est une première dans les matières premières, revendique la banque. La titrisation est en effet principalement utilisée dans les crédits hypothécaires, à la consommation et automobile.
BNP Paribas a envisagé de titriser ses financements de matières premières dès 2011. Il avait rendu public le projet en 2012. La crise de liquidité de l’été 2011 a asséché les disponibilités de financement du marché des matières premières. En outre, le régime de Bâle 3 rend le financement de ce secteur plus coûteux en fonds propres et liquidité.
«Il ne s’agit pas de réduire la taille de notre bilan, se défend pourtant Gabriel Vaduva, responsable adjoint du financement de l’énergie et des matières premières. La capacité bilancielle des banques est limitée et les besoins de financement des secteurs de l’énergie et des hydrocarbures progressent structurellement.» Néanmoins, «l’opération contribuera à la diversification de nos sources de financement et à gérer notre bilan plus activement».
En l’occurrence, les 132 millions de dollars de prêts sont constitués de créances clients à intérêt et de lignes de crédit accordées à des courtiers. Logées dans un véhicule ad-hoc baptisé Lighthouse Trade Finance Issuer I Ltd, les obligations adossées à ces prêts se composent surtout d’une tranche prioritaire («senior A») de 100 millions, notée AAA, vendue à un investisseur institutionnel. BNP Paribas conserve une tranche B de 20 millions, tandis qu’un fonds géré par Lord Capital (société de gestion ayant servi de controlling party dans la transaction) acquiert une tranche subordonnée de 5 millions. Enfin, pour assurer un certain alignement d’intérêt, BNP Paribas conservera également dans son bilan un intérêt économique de 5% de la transaction, soit 6,6 millions de dollars, sous la forme d’une tranche obligataire «verticale» reprenant l’ensemble de la structure de l’opération.
Le véhicule est le premier de la plate-forme Lighthouse Trade Finance Master Ltd. D’autres émissions sont donc possibles; BNP Paribas entend toutefois temporiser, le temps que l’environnement économique se stabilise dans les secteurs de l’énergie et des hydrocarbures.
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