Blackstone perd le contrôle d’un LBO en Europe
Blackstone perd sa mise outre-Rhin. Le fonds américain a dû céder la semaine dernière aux créanciers juniors de Klockner Pentaplast le contrôle du fabricant allemand d’emballages en plastique. A l’heure où la situation financière des sociétés en portefeuille se tend à nouveau, l’issue de ce bras de fer peut laisser craindre aux fonds LBO une nouvelle vague de restructurations à leur détriment, après la première salve de 2009-2010 qui avait donné lieu à des dossiers emblématiques tels que SGD ou Monier.
Klockner Pentaplast est un dossier typique de la bulle du LBO. Blackstone l’avait racheté en mai 2007 à Cinven et JPMorgan Partners, quelques semaines avant le début de la crise financière, pour 1,3 milliard d’euros. Une transaction faite à l’époque à un levier élevé de 8 fois l’Ebitda avec 1,2 milliard de dette. La croissance du chiffre d’affaires de Klockner, passé de 833 millions à 1,2 milliard entre 2001 et 2006, a nettement ralenti entretemps, avec des revenus de 1,4 milliard l’an dernier.
Dans cette affaire, Blackstone devra donc renoncer aux quelque 100 millions d’euros investis à l’époque en capital. Emmenés par Strategic Value Partners (SVP), les créanciers juniors injecteront 190 millions d’euros d’equity dans la société. La dette second lien et mezzanine (375 millions d’euros) a été convertie en capital. La dette senior first lien de 800 millions d’euros a été remboursée au pair en même temps que les intérêts capitalisés: la société avait jusqu’au 22 juin pour le faire, après avoir rompu ses covenants.
C’est Jefferies qui a accepté de soutenir le consortium des créanciers subordonnés, en mettant en place une nouvelle dette dont la syndication débutera cette semaine. Elle se compose de 435 millions de dollars de prêts seniors à 4,5 ans dont une partie sera libellée en euros, de 65 millions de dollars de crédit revolving, et de 245 millions d’euros d’obligations second lien à 5 ans.
Grâce à cette opération, Klockner verra sa dette réduite de moitié, à 630 millions d’euros, pour un levier d’un peu plus de 4 fois l’Ebitda.
Blackstone a pourtant appuyé un projet concurrent, mené par Oaktree Capital au nom des créanciers seniors. Ceux-ci proposaient de nettoyer les créanciers juniors et de diminuer la dette totale de 80%. Blackstone aurait ensuite racheté une partie du capital à Oaktree. Mais SVP a gagné sa course de vitesse.
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