Blackstone ajoute une corde à sa banque d’investissement
Blackstone se rapproche un peu plus de la banque d’investissement. La firme – créée en tant que banque d’affaires en 1985 mais qui a réalisé l’essentiel de sa croissance au cours de la décennie 2000 à travers des activités de gestion alternative – vient d’acquérir une licence de souscription de titres (securities underwriting licence).
Ce statut permettra à Blackstone de participer à des émissions sur le marché primaire actions, lors d’introductions en Bourse ou d’augmentations de capital, en qualité de co-souscripteur (co-underwriter, ou co-manager). Ce terme désigne les intervenants bancaires occupant un rôle secondaire dans l’organisation de ce type d’opération, par opposition aux lead underwriters.
Si le gérant n’ambitionne pas pour l’instant de tenir le rôle principal dans les opérations de Bourse, il enrichit néanmoins son offre de services de banque d’investissement. L’intérêt principal est de diversifier ses sources de revenus au-delà de la gestion alternative et du conseil en fusions-acquisitions: un élément important aux yeux de ses actionnaires, Blackstone étant coté depuis 2007. D’autres rivaux, également cotés, comme KKR et Apollo, ont effectué une démarche similaire et jouissent déjà de ce statut.
Victime de la baisse des transactions, en raison du ralentissement économique, Blackstone a souffert d’un recul de 21% de ses bénéfices en 2012 dans son activité de conseil. Cette mauvaise performance aurait pu se révéler encore pire si ses revenus n’avaient pas atteint un record au dernier trimestre, grâce à l’afflux d’activités lié à la fin de l’année fiscale. Malgré tout, Blackstone a publié vendredi un bénéfice distribuable en hausse de 48% en 2012 (à 1,03 milliard de dollars), porté par l’activité de capital-investissement.
Si cette diversification peut être jugée positive par les actionnaires, ce n’est pas toujours le cas des investisseurs qui confient leurs fonds à Blackstone. Ils craignent le risque de conflit d’intérêts en cas d’introduction en Bourse d’une société du portefeuille du gérant.
La relation avec les banques d’investissement est plus ambiguë. En exerçant les métiers de conseil et de primaire actions, Blackstone se place en concurrent potentiel. Mais en se cantonnant – pour l’instant – à un rôle secondaire dans les IPO et les augmentations de capital, le gérant évite de déclencher l’hostilité des établissements les plus importants.
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