BGC remporte la bataille pour la prise de contrôle de GFI

Le conseil d’administration du courtier interbancaire américain a validé l’offre de son concurrent, qui valorise GFI 778 millions de dollars.
Julien Beauvieux

Après six mois de rebondissements et de surenchères, le destin de GFI est enfin scellé. Le courtier interbancaire américain a en effet annoncé que son conseil d’administration avait approuvé l’offre, jusque-là hostile, de 6,1 dollars par action en cash présentée par son concurrent BGC Partners. Selon les termes de l’accord, qui valorise GFI 778 millions de dollars et repousse la date limite de clôture de l’opération au 26 février, BGC désignera 6 des 8 membres du futur Conseil d’administration élargi de l’entreprise, qui deviendra une filiale mais conservera sa marque propre.

Afin de «rendre la conclusion de l’opération encore plus certaine», BGC a indiqué avoir abaissé le seuil d’acceptation de l’offre de 45% à 43%. Le groupe issu de la scission de Cantor Fitzgerald en 2004 précise que 43,3 millions de titres avaient déjà été apporté le 19 février, soit environ 47,5% des actions de GFI en circulation en tenant compte des 13,4% du capital déjà détenus par BGC.

En lutte avec l’opérateur boursier CME jusqu’à la fin janvier, quand les actionnaires de GFI avaient finalement repoussé son offre amicale, BGC a également dû vaincre les réticences de Michael Gooch, le président exécutif et influent actionnaire de GFI. L’accord validé par le conseil d’administration de GFI précise que Michael Gooch et son directeur général Colin Heffron «continueront à avoir des responsabilités managériales au sein de la société et à siéger au board».

Actionnaire majoritaire de Jersey Capital, qui contrôlait début février 36,4% du capital de GFI, Michael Gooch ambitionnait avec d’autres dirigeants, dans le cadre de la transaction avec le CME, de reprendre les activités de courtage et de compensation. Déçu par l’échec de l’opération, Michael Gooch aurait alors sondé les concurrents Icap et Tullett Prebon pour explorer des alternatives stratégiques, selon des sources proches relayées par Bloomberg.

Outre la scission du groupe, dont seules les solutions technologiques (les outils Fenics pour les changes et Trayport pour le trading énergique) intéressaient le CME, l’autre point de désaccord à aplanir concernait le système de rémunération. Afin de solder définitivement les droits d’attribution d’actions gratuites (RSU) perçus chez GFI et basculer vers les intérêts de participation (partnership interests) distribués chez BGC, les salariés recevront 6,1 dollars pour chaque RSU.

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