BC Partners choisit un industriel pour maximiser ses profits sur Spotless

Le groupe allemand Henkel s’est montré extrêmement réactif en déboursant près d’un milliard d’euros. BC Partners double sa mise de 2010
Antoine Landrot

Semaine animée dans le monde du LBO en France. Après l’acquisition de Sebia par Astorg et Montagu pour un montant record cette année et la restructuration de Vivarte, Spotless a été cédé par BC Partners à l’industriel Henkel pour 940 millions d’euros. Un montant qui valorise le propriétaire des marques Eau Ecarlate, K2R et Vigor entre 12 et 13 fois son Ebitda – un ratio proche de ceux d’Henkel et de Procter & Gamble. Spotless avait été acquis par le fonds début 2010 à Axa PE (aujourd’hui Ardian) à un multiple proche de 9 fois l’Ebitda.

«Nous envisagions une cession fin 2014, début 2015, mais les choses se sont accélérées au regard des performances exceptionnelles réalisées par Spotless depuis le dernier trimestre 2013. Les acheteurs industriels commençaient déjà à se manifester. Parallèlement, l’environnement de marché actuel, tant en termes de valorisation que de financement, peut difficilement être plus favorable», explique Jean-Baptiste Wautier, associé-gérant chez BC Partners. L’opération permet au vendeur de doubler sa mise. Le LBO – qui avait réouvert le marché de la dette à effet de levier en France après la crise – présentait un ratio modeste de 4,3 fois l’Ebitda. La société n’était pas repartie en quête d’un refinancement plus agressif, après l’annulation de son émission de 400 millions d’obligations à haut rendement.

Alors qu’avec l’aide de JPMorgan et Rothschild, BC Partners s’apprêtait à lancer un processus de vente concurrentielle assez large (une dizaine de prétendants, dont des investisseurs financiers), quelques industriels, dont Henkel, sont passés à la vitesse supérieure. «Henkel a été très agressif sur le calendrier, le prix et les garanties de financement; en outre, il présentait peu de risque antitrust, les deux sociétés étant très complémentaires», précise Jean-Baptise Wautier. Spotless, établi en France, en Italie et au Royaume-Uni, pourra bénéficier de synergies commerciales avec un groupe mondial, qui affiche plus de 16 milliards d’euros de revenus en 2013.

Henkel financera l’acquisition (qui comprend une dette d’environ 200 millions) sur sa trésorerie. Celle-ci est abondante: le groupe dispose de 4 milliards d’euros pour réaliser des acquisitions. Il semble apprécier les actifs détenus par les fonds: quelques jours avant de jeter son dévolu sur Spotless, il a annoncé l’achat de trois sociétés américaines (SexyHair, Alterna et Kenra) auprès de TSG Consumer Partners pour 270 millions d’euros.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...