Bats tient la corde pour le rachat de Chi-X Europe
Avantage Bats Global Markets. L’opérateur boursier de Kansas City, Missouri, a confirmé mercredi l’ouverture de discussions exclusives en vue du rachat de Chi-X Europe. Les deux parties ont refusé d’en dire davantage mais selon des sources citées par Bloomberg, les négociations pourraient se dérouler jusqu’au 11 février prochain. Bats offrirait près de 300 millions de dollars pour mettre la main sur le groupe londonien lancé en 2007 dans le sillage de la directive MIF.
La combinaison de Bats Europe et de Chi-X Europe donnerait naissance à un poids lourd des échanges électroniques. Selon les données collectées par Thomson Reuters, le nouvel ensemble afficherait une part de marché cumulée de 22,3% sur le Vieux Continent. Soit un niveau supérieur aux 19,8% revendiqués par le London Stock Exchange (LSE).
L’opérateur londonien a déjà vu ses positions durement attaquées. Sa part de marché sur l’indice de référence du marché britannique, le FTSE 100, est passée de 88% fin 2008-début 2009 à 50% en début d’année puis 63% fin octobre, indiquait le mois dernier son directeur général Xavier Rolet. Pour redresser la situation, le LSE a fait l’acquisition de Turquoise, une plate-forme alternative de négociation (MTF) fondée par un groupe de banques internationales.
Mais Chi-X Europe s’est affirmé comme un succès éclatant, devenant le premier vivier européen de liquidité. Cible de choix, les hostilités ont débuté cet été lorsque la société a fourni des éléments d’information après une première approche de Bats. Les principaux acteurs de la place, dont Nyse Euronext et Direct Edge, se sont penchés sur le dossier. Mais c’est Nasdaq OMX qui semblait le mieux placé ces dernières semaines, en compagnie de Bats. Si le mano a mano tourne à l’avantage de ce dernier, l’intérêt des actionnaires n’y est probablement pas étranger.
Alors que Chi-X Europe est détenu à 34% par Instinet, une filiale du japonais Nomura, les deux groupes comptent en effet pas moins de cinq actionnaires en commun : Morgan Stanley, Credit Suisse, Bank of America Merrill Lynch, Citigroup et le market-maker électronique Getco. Une fusion leur permettrait de consolider leurs participations et se révélerait astucieuse dans l'éventualité, largement commentée, d’une introduction en Bourse de Bats.
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