Barclays est de nouveau sanctionnée pour manipulation de marché
Evoquée par la banque en octobre dernier, la sanction est confirmée. Barclays et quatre de ses traders ont été condamnés mardi à 487,9 millions de dollars (372 millions d’euros) d’amendes et pénalités pour avoir manipulé le marché de l’électricité dans l’Ouest américain. La commission fédérale de régulation de l’énergie (Ferc) leur reproche d’avoir pris des positions, souvent à perte, pour modifier les cours dans un sens favorable aux paris pris par la banque, via des contrats de swaps (échange de taux). Ces faits, constatés de novembre 2006 à décembre 2008, auraient entraîné un préjudice de 139 millions de dollars.
La sanction prévoit le versement de 34,9 millions de dollars de profits indus à des programmes d’accès à l’énergie pour les ménages pauvres. La banque britannique devra aussi verser une amende de 435 millions. L’ancien patron de son activité de courtage d’énergie en Amérique du Nord devra s’acquitter de 15 millions de dollars, et trois de ses traders, d’un million chacun.
Barclays dénonce une sanction sans fondement et un jugement partial. «Nous estimons que notre courtage était légitime et en conformité avec la loi applicable», a déclaré un porte-parole de la banque à Bloomberg. La banque n’est donc pas prête à battre sa coulpe, même si sa nouvelle direction a publié récemment un rapport interne pointant les mauvaises pratiques d’un groupe mené par des cadres trop grassement payés.
Cette affaire s’ajoute à la manipulation du taux interbancaire Libor (450 millions de dollars d’amende) et aux scandales de vente forcée d’assurance crédit aux ménages britanniques et de vente de produits de couverture complexes au PME. Pour ces deux derniers litiges, Barclays a annoncé en février une provision supplémentaire de 1 milliard de livres (1,16 milliard d’euros), portant le total à près de 3,5 milliards de livres.
Outre-Atlantique, la condamnation de la Ferc pourrait rendre plus compliquée l’opération séduction entamée par Barclays pour améliorer ses relations avec les régulateurs américains. Ces derniers veulent imposer davantage de contraintes capitalistiques aux banques étrangères. Le groupe britannique n’est pas cité dans les courriers de la Fed, révélés mardi par Bloomberg, qui donneraient un délai supplémentaire à certains groupes comme Deutsche Bank. Cette dernière fait toutefois l’objet d’investigations de la Ferc, tout comme JPMorgan. Celle-ci serait selon le Wall Street Journal d’hier proche d’un accord à l’amiable en consentant de verser près d’un milliard de dollars.
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