Barclays essuie un échec cuisant dans la transaction Ziggo
Pour Barclays, la transaction Ziggo était l’occasion rêvée de percer dans les classements des banques actives sur les marchés actions. Mais le placement d’un bloc de 20% du capital du câblo-opérateur néerlandais, la semaine dernière, a tourné au cauchemar. La banque britannique s’est retrouvé «collée» avec 28,4 millions d’actions représentant 14,2% du capital du groupe, soit plus des deux tiers du papier qu’elle était censée placer sur les marchés.
Les placements accélérés de blocs d’actions sur le marché secondaire connaissent leur plus fort démarrage en huit ans sur 2013, mais l’activité reste à haut risque pour les banques. Pour décrocher un mandat de vente, celles-ci engagent leur bilan: elles proposent à l’actionnaire souhaitant céder ses titres le prix le plus élevé possible – c’est-à-dire avec la plus faible décote sur le cours coté de l’action – tout en espérant dégager une marge lorsqu’elles replaceront le bloc auprès des investisseurs. Tout l’enjeu est de bien calibrer cette offre alors que le placement est réalisé en quelques heures.
Dans le cas de Ziggo, les deux fonds Warburg Pincus et Cinven ont cédé leurs titres à 25,05 euros le 19 mars, soit une décote de 3,1% sur le cours de clôture de la veille. Depuis début 2013, même si chaque dossier est unique, la décote moyenne tourne autour de 4%.
La tentation de grimper dans les league tables grâce à une transaction emblématique a sans doute conduit Barclays à se montrer trop agressive. Ziggo est un beau dossier: l’introduction en Bourse du groupe, en mars 2012, a été une réussite. Deux nouveaux placements de blocs, de 30 et 40 millions d’actions, ont suivi en juillet et en novembre. A chaque fois, JPMorgan et Morgan Stanley ont mené les transactions. Barclays avait en revanche toujours été laissée à l’écart.
La transaction de la semaine dernière, évalué à 1 milliard d’euros, constituait l’un des plus gros blocs de 2013. Elle a permis à Barclays de se classer à la date du 22 mars au sixième rang des bookrunners sur les placements accélérés de blocs en Europe cette année, selon Dealogic. A la même époque, en 2012 et en 2011, le groupe était absent des dix premiers. La banque britannique en paiera le prix lorsqu’elle devra s’alléger dans Ziggo. La perspective d’un retour de papier a fait plonger l’action du câblo-opérateur de 3,72% vendredi, à 24,21 euros, soit 3,35% en dessous du prix du placement.
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