Bank of Ireland victime des taux de la BCE

La baisse des taux a amputé les revenus de l'établissement, qui voit son résultat opérationnel chuter de 65%
Antoine Landrot

Bank of Ireland peine pour sortir de l’ornière, malgré les quelques signes encourageants visibles dans les comptes 2011. Le seul établissement de l’île à avoir évité la nationalisation n’a pas été aidé par la Banque centrale européenne au premier semestre 2012.

Le résultat opérationnel a reculé de 65% par rapport à l’année précédente, pour seulement 58 millions d’euros. L’établissement n’a pas pu dégager de revenus suffisants alors que les coûts sont restés stables, à 842 millions. Son produit net bancaire (PNB) recule de 17% (à 857 millions d’euros) par rapport au premier semestre 2011: «le niveau très bas des taux d’intérêt de la Banque centrale a nui à nos taux de rémunération et par conséquent à nos revenus», a expliqué Richie Boucher, le directeur général.

La marge d’intérêt net (l'écart entre le taux facturé par la banque à ses clients pour des prêts et celui qu’elle paie pour emprunter) a en effet reculé de 13 points de base (pb), à 1,20%. Richie Boucher a prévenu qu’il serait du coup «très difficile» à la banque d’atteindre une marge de 2% en 2014, qui était son objectif. La concurrence que se livrent les établissements pour attirer les dépôts (qui ont progressé de 7 milliards chez Bank of Ireland, à 72 milliards) pèse aussi sur leurs capacités bénéficiaires.

Les pertes avant impôt ont plus que doublé par rapport à la même période l’année dernière, à 1,26 milliard d’euros. Au titre des éléments exceptionnels, les pertes générées par la réduction du bilan, les provisions pour restructuration, ainsi que la mise en valeur de marché de sa dette propre ont en effet coûté 348 millions d’euros.

Bank of Ireland a également accru ses dépréciations de 8,5% par rapport au premier semestre 2011 (à 978 millions d’euros): cette augmentation est imputable aux créances hypothécaires, dont les dépréciations ont doublé. En revanche, les dépréciations sur actifs immobiliers ont été réduites par rapport au second semestre 2011, où l’ensemble des dépréciations atteignait 1,1 milliard d’euros. Un signe apprécié par les analystes. Autre point positif, «le ratio de fonds propres core tier one atteint 14,5% au 30 juin, soit seulement 20 pb de moins qu’au 31 décembre: la perte au 30 juin a été plus que compensée par la réduction des risques pondérés de 8%», souligne Credit Suisse.

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