Bain Capital réveille le marché japonais du LBO
Bain Capital fait ses emplettes au Japon. De sources concordantes, d’abord citées par le quotidien Nikkei, la société de private equity de Boston serait en négociations avancées pour mettre la main sur la chaîne de restaurants Skylark auprès de Nomura, pour une valeur d’entreprise de quelque 300 milliards de yens, l’équivalent de 2,6 milliards d’euros. L’accord pourrait être scellé et annoncé dès ce mois-ci. Dans l’Archipel, Bain Capital avait déjà acquis Bellsystem24 fin 2009 auprès de Citigroup.
Reuters avance que déjà les principales banques nippones (telles Mitsubishi Financial UFJ, Mizuho, Sumitomo Mitsui et Shinsei Bank) discutent actuellement avec Bain de l’octroi d’un prêt de 150 milliards de yens.
L’opération a de quoi réveiller le marché japonais du LBO, encore délicat pour les investisseurs financiers occidentaux, jugés trop agressifs en termes de restructurations. Le montant des rachats par des fonds dans l’Archipel s’est ainsi réduit comme peau de chagrin à 3,2 milliards de dollars l’an passé, après avoir atteint un plus haut historique en 2007 à 22,5 milliards, selon Thomson Reuters. Qui plus est, la taille des transactions a également fondu, passant en moyenne de 73 à 19 millions de dollars entre 2007 et 2010, constituant un obstacle supplémentaire pour les prédateurs internationaux.
Pourtant, l’heure d’un réveil du marché pourrait avoir sonné. Tamotsu Adachi, patron de l’association nippone du capital investissement et coresponsable de l’activité locale de Carlyle, a récemment estimé que les groupes japonais étaient désormais plus enclins à céder des activités jugés secondaires. Ces groupes recherchent également souvent des partenaires susceptibles de leur ouvrir les portes de l’international. Les prétendants étrangers auraient il est vrai adopté une approche plus conciliante, fondée notamment sur le respect des équipes dirigeantes en place.
Nomura Principal Finance a acquis Skylark en 2006 et en détient aujourd’hui 78,6%. Cette entité spécialisée dans le non-coté au sein de la banque japonaise a déjà décidé ce mois-ci, dans l’optique de règles de capital plus strictes imposées aux banques, de céder le contrôle du groupe de machines-outils Tsubaki Nakashima à Carlyle pour l'équivalent de 580 millions d’euros. Chuo Mitsui Trust Holdings détient le solde de Skylark, après l’avoir acquis auprès de CVC Capital Partners.
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