America Movil lance son offre sur Telekom Austria avec l’aval de Vienne
La prise de contrôle prochaine de Telekom Austria par America Movil est une nouvelle preuve de l’intérêt grandissant suscité par le secteur des télécoms en Europe. Le groupe mexicain contrôlé par l’homme d’affaires Carlos Slim a lancé hier son offre publique lui permettant de racheter le solde des actions en circulation de l’opérateur autrichien, pour un montant maximum de 1,45 milliard d’euros. L’offre fixée au prix de 7,15 euros par action «est valable jusqu’au 10 juillet», précise le communiqué d’America Movil.
Celui-ci a conclu le mois dernier un accord avec la holding publique autrichienne OIAG pour obtenir le contrôle de Telekom Austria, en combinant sa participation actuelle de 26,8% avec celle d’OIAG, qui détient 28,4% des parts de l’ex-opérateur historique. Valable dix ans et prorogeable cinq ans, l’accord autorise le groupe mexicain à monter au capital de Telekom Austria, mais OIAG «conservera une participation minimale de 25% plus une action», ainsi que la prérogative de désigner le président du directoire et celui du conseil de surveillance.
Carlos Slim, qui détient par ailleurs 27,1% de l’opérateur néerlandais KPN, cherche à renforcer sa présence sur le Vieux Continent afin de réduire sa dépendance au marché latino-américain, sur lequel il est soumis à une pression grandissante de la part des autorités de régulation. En mettant la main sur Telekom Austria, il prend également pied dans plusieurs pays d’Europe centrale et orientale: Biélorussie, Bulgarie, Croatie, Serbie, Macédoine, Liechtenstein et Slovénie.
Au premier trimestre 2014, les services télécoms sont ressortis en tête du palmarès des secteurs d’activité les plus dynamiques en matière de fusions et acquisitions à l’échelle mondiale, avec une valeur globale des transactions supérieure à 100 milliards de dollars (72,5 milliards d’euros), selon Merrill DataSite. Sur ce total, 23 milliards de dollars ont concerné l’Europe qui a notamment vu le brésilien Oi racheter Portugal Telecom ou Vodafone s’emparer de l’espagnol Ono.
Ces rapprochements sont favorisés par la persistance de taux d’intérêt bas qui facilitent le financement des opérations. Depuis le début de l’année, les prêts syndiqués destinés aux acquisitions dans le secteur des télécoms ont représenté 30 milliards de dollars, soit 17% du montant total de la dette d’acquisition d’origine bancaire contractée sur la période, montrent les chiffres de Dealogic.
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