Allianz GI rappelle à l’ordre ses courtiers actions
Le ton monte entre Allianz Global Investors et ses courtiers actions. La filiale de gestion d’actifs de l’assureur allemand vient de tancer vertement les banques d’investissement avec lesquelles elle traite, dans un courrier révélé par Bloomberg. En cause, l’agressivité croissante dont font preuve les professionnels des marchés actions (equity capital markets, ECM) lors des placements accélérés de blocs de titres, qui donnent régulièrement lieu à des ratages spectaculaires.
«Je vous écris pour exprimer notre frustration croissante et notre colère d’investisseur face à la manière dont de nombreux placements d’actions sont gérés, ou plus directement, mal gérés», indique Neil Dwane, le directeur de l’investissement pour l’Europe d’Allianz GI, dans une lettre envoyée à ses brokers le 1er avril. Le gérant se plaint d’une concurrence excessive entre banques pour décrocher des mandats et d’un manque de communication avec les investisseurs.
«Nous déciderons donc à l’avenir de suspendre le trading si ces transactions ne répondent pas à nos exigences, écrit encore Neil Dwane. Nombre de mes investisseurs ont été déçus par ces opérations et sont de plus en plus gênés par le comportement de la communauté des courtiers en général».
Les ventes de blocs d’actions ont connu au premier trimestre leur plus fort démarrage depuis 2005. Pour décrocher un mandat et grimper dans les classements, les banques doivent proposer au vendeur la décote la plus basse possible par rapport au cours du marché. Avec le risque de rester «collées»: Barclays s’est ainsi retrouvée fin mars avec plus de 14% du capital du câblo-opérateur néerlandais Ziggo. Dans la perspective d’un retour de papier sur le marché, ces ratages peuvent peser durablement sur l’action de la société, pénalisant les investisseurs qui ont souscrit à l’offre. Même si, dans le cas Ziggo, la revente par Barclays de 12,7% du capital à Liberty Global a redonné une prime spéculative au titre.
Certaines transactions peuvent aussi être interrompues sans préavis si la banque chargée du placement ne s’est pas engagée à souscrire les titres quelle que soit la demande. Les actionnaires du conglomérat turc Koc ont ainsi annulé début mars un placement accéléré dirigé par Deutsche Bank.
Ce n’est pas la première fois qu’un institutionnel se plaint de l’attitude des banquiers d’ECM. BlackRock l’avait déjà fait en 2011.
Plus d'articles du même thème
-
Les fonds d’actions européennes ont connu leur plus forte collecte hebdomadaire depuis février
Les stratégies d’actions européennes ont enregistré 1,3 milliard de dollars d’entrées nettes sur la semaine, selon le Flow Show de Bank of America. -
BNP Paribas AM réorganise sa direction en Suisse
La société de gestion a nommé Frederick Widl comme nouveau directeur général de la succursale helvétique. -
H2O AM lance un fonds à performance absolue mêlant obligations et devises
Generative Global Fixed Income utilise l’IA générative dans son processus d’investissement.
ETF à la Une
Capital Group va lancer quatre ETF actifs en Europe début 2027
Contenu de nos partenaires
-
Pas vu pas prisAffaire Bardella : le RN continue de faire bloc, Marine Le Pen veut enjamber la crise
Preuves contestées, média attaqué, cadres mobilisés : le RN continue de soutenir Jordan Bardella, qui opte pour une stratégie jusqu’au-boutiste. La candidate à l'Elysée, plutôt que de s’exposer davantage, tente de mettre l'affaire à distance -
Emmanuel Macron : les pays du G7 vont libérer « jusqu’à 100 millions de barils » pour faire baisser les prix des carburants
La décision, annoncée par le président français, pourrait faire baisser les prix des carburants à la pompe -
Tu casses, tu payesBlocus des lycées : « faire payer les réparations » aux parents, est-ce vraiment possible ?
Gérald Darmanin a demandé aux procureurs de requérir la « responsabilité civile » des parents des mineurs impliqués dans les dégradations des lycées. Une procédure semée de plusieurs embûches