Allianz GI rappelle à l’ordre ses courtiers actions

L’investisseur critique la gestion des banques chargées de placer des blocs d’actions dans le cadre de transactions accélérées
Alexandre Garabedian

Le ton monte entre Allianz Global Investors et ses courtiers actions. La filiale de gestion d’actifs de l’assureur allemand vient de tancer vertement les banques d’investissement avec lesquelles elle traite, dans un courrier révélé par Bloomberg. En cause, l’agressivité croissante dont font preuve les professionnels des marchés actions (equity capital markets, ECM) lors des placements accélérés de blocs de titres, qui donnent régulièrement lieu à des ratages spectaculaires.

«Je vous écris pour exprimer notre frustration croissante et notre colère d’investisseur face à la manière dont de nombreux placements d’actions sont gérés, ou plus directement, mal gérés», indique Neil Dwane, le directeur de l’investissement pour l’Europe d’Allianz GI, dans une lettre envoyée à ses brokers le 1er avril. Le gérant se plaint d’une concurrence excessive entre banques pour décrocher des mandats et d’un manque de communication avec les investisseurs.

«Nous déciderons donc à l’avenir de suspendre le trading si ces transactions ne répondent pas à nos exigences, écrit encore Neil Dwane. Nombre de mes investisseurs ont été déçus par ces opérations et sont de plus en plus gênés par le comportement de la communauté des courtiers en général».

Les ventes de blocs d’actions ont connu au premier trimestre leur plus fort démarrage depuis 2005. Pour décrocher un mandat et grimper dans les classements, les banques doivent proposer au vendeur la décote la plus basse possible par rapport au cours du marché. Avec le risque de rester «collées»: Barclays s’est ainsi retrouvée fin mars avec plus de 14% du capital du câblo-opérateur néerlandais Ziggo. Dans la perspective d’un retour de papier sur le marché, ces ratages peuvent peser durablement sur l’action de la société, pénalisant les investisseurs qui ont souscrit à l’offre. Même si, dans le cas Ziggo, la revente par Barclays de 12,7% du capital à Liberty Global a redonné une prime spéculative au titre.

Certaines transactions peuvent aussi être interrompues sans préavis si la banque chargée du placement ne s’est pas engagée à souscrire les titres quelle que soit la demande. Les actionnaires du conglomérat turc Koc ont ainsi annulé début mars un placement accéléré dirigé par Deutsche Bank.

Ce n’est pas la première fois qu’un institutionnel se plaint de l’attitude des banquiers d’ECM. BlackRock l’avait déjà fait en 2011.

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