AIG parvient finalement à se délester du loueur d’avions ILFC
AIG a comme promis pris une décision avant la fin de l’année. L’assureur américain a dévoilé hier la cession du numéro deux mondial du crédit-bail aéronautique, International Lease Finance Corp (ILFC). Le loueur d’avions est finalement acquis par un concurrent, d’envergure plus modeste, en l’occurrence le néerlandais AerCap. Ce dernier a convenu de verser pour la totalité du capital 3 milliards de dollars en numéraire ainsi que près de 98 millions de ses titres émis pour l’occasion et représentant 46% du capital élargi.
Au cours de clôture d’AerCap à New York vendredi soir, l’opération valorise ILFC quelque 5,4 milliards. Or, le titre AerCap a bondi de 33,05% hier, donnant à AIG un bonus potentiel de près de 804 millions.
La transaction représente la fin d’un parcours semé d’embûches pour AIG, qui depuis 2008 et son sauvetage de la déroute par Washington cherche à céder ILFC. Il y a un an, l’assureur avait levé le voile sur un accord de vente de 80% du capital (et une option pour 10% supplémentaires) à un consortium d’investisseurs essentiellement chinois. Cet acquéreur s’est révélé incapable de financer l’opération, et AIG avait fini par se déclarer ouvert à d’autres propositions. Le mois dernier, son directeur général Robert Benmosche avait brandi la menace d’une introduction en Bourse.
Surtout, la vente d’ILFC, acquis en 1990 pour 1,2 milliard, correspond à la fin du recentrage d’AIG, qui se déleste à l’occasion d’une dette de 21 milliards de dollars. Le groupe a réalisé ces dernières années 70 milliards de cessions d’actifs, de l’assurance en Asie au crédit à la consommation aux Etats-Unis, soldant en mars dernier sa dette auprès du Trésor. L’analyste Paul Newsome chez Sandler O’Neil a salué hier une «étape majeure» pour un groupe qui peut désormais se concentrer sur son cœur de métier.
AIG se place pourtant pour l’instant en actionnaire de référence d’AerCap. L’assureur devra conserver la totalité de sa participation de 46% pendant au moins neuf mois et aura la possibilité de descendre par la suite avant de sortir tout à fait après un délai de quinze mois. Le nouvel ensemble, avec une flotte de 1.300 appareils environ (1.000 pour ILFC et 300 pour AerCap aujourd’hui) se rapproche en tout cas de la filiale de General Electric, GE Capital Aviation Services (Gecas), numéro un mondial avec ses 1.700 appareils.
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