Advent va consolider les parfumeries Douglas en rachetant Nocibé
Charterhouse a finalement trouvé preneur pour Nocibé. Après la rupture des négociations en septembre, Douglas, groupe de distribution allemand contrôlé par Advent International, est finalement entré hier en négociations exclusives avec le fonds britannique. L’opération valorise le réseau de parfumerie entre 500 et 550 millions d’euros dette incluse, confirment plusieurs sources, soit environ huit fois son Ebitda 2012. Charterhouse en espérait autour de 600 millions d’euros après avoir racheté l’entreprise 490 millions d’euros, fin 2006.
En reprenant les 455 magasins Nocibé, Douglas deviendra le premier réseau français avec 625 points de vente. En termes de chiffre d’affaires, il se hissera de la quatrième à deuxième place, entre Séphora et Marionnaud, en faisant passer ses revenus hors taxes de 130 millions à 600 millions d’euros (proforma 2012). La division parfumerie de Douglas pèse jusqu’à présent 1,9 milliard d’euros, sur un chiffre d’affaires total de 3,4 milliards.
La reprise de Nocibé, qui doit encore être exposée aux partenaires sociaux et soumise à l’Autorité de la concurrence, pourrait être bouclée au printemps 2014, indique une source proche. D’ici là, Douglas compte racheter 100 % du réseau français, confirment plusieurs bons connaisseurs du dossier : les 75 % détenus par Charterhouse (conseillé par Lazard et Morgan Stanley), les 20 % aux mains des mezzaneurs ICG et TCR et les 5% détenus par divers petits actionnaires, dont le management.
Douglas devrait opter pour un financement «plutôt conservateur», à 50 % en fonds propres et 50% en dette. Celle-ci devrait être négociée en priorité avec les banques qui avaient financé son acquisition par Advent et de la famille Kreke. Ces derniers ont en effet finalisé cet été la reprise de l’intégralité de la société, pour 1,5 milliard d’euros. Outre de possibles doublons parmi les magasins, l’avenir des deux marques sur le sol français n’est pas divulgué, de même que la future gouvernance. L’équipe de Nocibé, basée à Villeneuve d’Ascq et emmenée par Isabelle Parize, pourrait y être associée.
Avant d’entrer en négociations exclusives avec Douglas, Charterhouse avait privilégié ces dernières semaines la renégociation des quelque 300 millions d’euros de dette LBO de Nocibé. Le fonds reste par ailleurs embourbé en France dans les dossiers Elior, finalement promis à une introduction en Bourse, et Vivarte (La Halle, Minelli), qui renégocie sa dette.
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