Wells Fargo remplace JPMorgan comme banque américaine la plus profitable
Epargnée par les litiges, Wells Fargo s’impose comme la banque la plus profitable aux Etats-Unis l’an dernier. Son bénéfice net annoncé hier bat un nouveau record pour la cinquième année consécutive, à 21,9 milliards de dollars, et dépasse celui de JPMorgan pour la première fois depuis 2009. En baisse de 16%, à 17,9 milliards de dollars, le résultat net de JPMorgan est amputé de 23 milliards de charges passées l’an dernier par la première banque américaine pour solder des litiges liés aux subprimes ou encore au scandale Madoff (2,6 milliards). Cette dernière charge a pénalisé les comptes du quatrième trimestre, inférieurs aux attentes alors que Wells Fargo a battu le consensus des analystes.
Au-delà des éléments exceptionnels, les deux principaux réseaux américains subissent un retournement de leur activité de crédits immobiliers. Au dernier trimestre 2013, leurs commissions dans ce métier ont quasiment baissé de moitié sur un an. Chez JPMorgan, le volume de nouveaux dossiers a été divisé par deux, à 23,3 milliards de dollars. Wells Fargo, premier prêteur avec 20% de parts du marché, atteint seulement 50 milliards de dollars contre 125 milliards un an plus tôt. Et la tendance se poursuit ce trimestre, a déclaré la banque hier.
Auparavant dopés par la politique monétaire accommodante de la Fed, les renégociations de crédits résidentiels comme les prêts initiaux sont en net recul depuis le troisième trimestre. Après l’annonce, en mai, de la baisse des rachats d’actifs de la banque centrale, les prêts à 30 ans ont vu leur taux moyen bondir de 3,35 % à 4,51% la semaine dernière, selon Freddie Mac. En réaction à cette nouvelle donne, les deux banques ont lancé une nouvelle vague de réductions de coûts et d’emplois.
A l’origine du durcissement de la politique de la Fed, l’amélioration de l'économie américaine a aussi permis aux deux banques de réduire leurs provisions pour risque d’impayés. Au dernier trimestre, elles ont chuté de 80% sur douze mois chez Wells Fargo, à 363 millions de dollars, et de 84% chez JPMorgan, à 104 millions. Tous métiers et territoires confondus, les revenus de Wells Fargo ont reculé de 2,7% sur l’exercice, à 83,8 milliards de dollars. Ceux de JPMorgan sont restés stables, à 99,8 milliards, grâce à la bonne tenue de la banque d’investissement et, surtout, à la performance des activités et portefeuilles pour compte propre qui ont drainé 10,1 milliards de dollars (+83%).
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