Warren Buffett vient au secours de la tourmentée Bank of America
Enfin une bonne nouvelle pour Bank of America (BoA). La banque américaine a reçu le soutien d’un investisseur, et non des moindres : Warren Buffett. «Bank of America est une société solide et bien dirigée, et j’ai appelé Brian (Moynihan, le directeur général, ndlr) pour lui dire que je voulais y investir.» Telles sont les déclarations du milliardaire américain, dont le véhicule d’investissement Berkshire Hathaway va investir pas moins de 5 milliards de dollars au capital de la banque en difficulté.
BoA a annoncé hier la vente à Berkshire Hathaway de 50.000 actions préférentielles assorties d’un dividende cumulatif annuel de 6% qu’elle pourra lui racheter à tout moment moyennant une prime de 5%. Il se voit également attribué des warrants lui permettant d’acheter 7 millions d’actions BoA à 7,14 dollars au cours des dix prochaines années.
Dans un entretien accordé jeudi à CNBC, Warren Buffett dit avoir eu cette idée cette semaine dans sa baignoire et appelé Brian Moynihan mercredi pour lui proposer l’opération. «Cela prouve que si les banques ont besoin de capital supplémentaire, ce que nous ne pensons pas, (…) elles peuvent le faire en 30 minutes avec un rapide coup de fil à oncle Warren», se réjouit Sean Egan chez Egan-Jones Ratings, cité par Reuters.
L’action BoA a enregistré jusqu’à 25% de hausse en début de séance hier avant de clôturer sur un gain de 9,4% à 7,65 dollars. Son cours avait été jusqu’alors quasiment divisé par deux depuis le début de l’année.
Cet apport d’argent frais arrive à point nommé pour BoA dont les problèmes ne cessent de s’accumuler en 2011, la banque ne parvenant pas à solder le lourd héritage de la crise immobilière américaine. Fin juin, elle a accepté de verser 8,5 milliards de dollars pour mettre un terme aux poursuites liées à sa filiale Countrywide rachetée en 2008, conduisant à une perte trimestrielle de 8,8 milliards et à une baisse de son ratio de fonds propres. AIG a déclaré début août qu’il envisageait de poursuivre BoA pour des fraudes liées à des créances hypothécaires afin de récupérer 10 milliards de dollars de pertes.
Cette avalanche de mauvaises nouvelles a conduit de nombreux analystes à militer pour une augmentation de capital. La banque a préféré engager des mesures de réduction des coûts, avec la suppression de 3.500 postes au cours de ce trimestre, et des cessions d’actifs, dont tout récemment la vente de ses activités de cartes de crédit au Canada.
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