Wall Street passe au révélateur de la hausse des taux
Les résultats du quatrième trimestre des banques américaines seront attentivement suivis par les analystes. Alors que le secteur a enregistré un bond de plus de 25% depuis l’élection de Donald Trump, JPMorgan, Bank of America et Wells Fargo ouvriront le bal des publications bancaires ce vendredi. Si les revenus de trading FICC (produits de taux, change et matières premières) devraient encore être à l’honneur, les observateurs étudieront aussi de près l’évolution de la banque de détail.
Du fait de la pentification de la courbe des taux, liée à la remontée de 85 points de base du taux à dix ans américain en fin d’année, la marge d’intérêt des grands établissements de Wall Street devrait continuer sa progression. «Les banques américaines pourraient améliorer leurs marges mais aussi annoncer un essoufflement de la demande de crédit dans les prochains mois», s’inquiète cependant Aurel BGC, notamment en raison de l’impact des taux sur la distribution de crédits immobiliers.
Au-delà des perspectives d’activité, les investisseurs garderont également un œil sur l’évolution de la qualité des portefeuilles de prêts. Au troisième trimestre, JPMorgan avait en effet relevé ses provisions sur les crédits aux ménages de 225 millions de dollars, principalement en raison d’une hausse du risque sur cartes de paiement. Citigroup, qui publiera ses résultats le 18 janvier, avait pour sa part enregistré une hausse de 6% sur un an de ses crédits non performants au troisième trimestre.
Sur le front des activités de trading, Morgan Stanley anticipe de son côté une hausse de 33% des revenus de trading FICC. Après un troisième trimestre très dynamique, le rebond de la volatilité et la compression des spreads devraient encore soutenir ce segment, tout comme ceux du trading actions. Début décembre, Citigroup avait pour sa part indiqué avoir constaté une hausse d’environ 20% de ses activités de marchés par rapport à la même période de l’an dernier.
La saison des résultats sera également l’occasion de faire un point sur l’évolution de l’environnement réglementaire. «Le discours de Goldman Sachs (la banque publiera ses résultats le 18 janvier, ndlr) sur un éventuel assouplissement des contraintes réglementaires de la future administration Trump sera très attendu», souligne Aurel BGC. Passé l’exercice de présentation des comptes, les établissements américains devraient par ailleurs accélérer leurs émissions obligataires, notamment celles éligibles au TLAC (Total Loss Absorbing Capacity).
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