Virgin Money s’impose outre-Manche en rachetant Northern Rock
La reprivatisation du secteur bancaire britannique a commencé. Hier, le gouvernement de David Cameron a annoncé la cession de Northern Rock, la banque nationalisée en 2008, à Virgin Money, filiale financière de l’empire de Richard Branson. Cette cession lui rapportera entre 897 millions de livres et 1,03 milliard suivant la marche des affaires. Elle représente néanmoins une vente à perte pour l’Etat dans la mesure où le gouvernement avait investi 1,4 milliard de livres dans le prêteur.
En revanche, ce rachat a un petit goût de revanche pour Virgin Money: il y a près de quatre ans, l’empire financier de Richard Branson avait échoué à reprendre la banque avant sa nationalisation. Cette acquisition va donc lui permettre de pénétrer de plain-pied dans l’arène des banques britanniques et insuffler un peu de concurrence dans ce secteur, conformément aux recommandations de la commission bancaire indépendante (ICB). Virgin Money s’est engagé à ne pas supprimer de postes supplémentaires pendant au moins trois ans après la finalisation de la transaction et de conserver les agences Northern Rock existantes.
Le siège opérationnel de Virgin Money sera désormais situé à Newcastle tandis que les agences seront rebaptisées sous la marque Virgin Money l’an prochain et utilisées comme plate-forme de distribution pour les produits financiers du groupe. Virgin, qui va ainsi pouvoir offrir pour la toute première fois des prêts immobiliers, n’a attiré jusqu’à présent que 3 millions de clients dans les secteurs de l’épargne et des cartes de crédit. Le rachat de Northern Rock, qui a prévu de renouer avec les bénéfices en 2012, va lui permettre de recevoir 75 agences, essentiellement situées dans le Nord de l’Angleterre, et près d’1 million de clients.
Virgin Money va également bénéficier d’un portefeuille de prêts d’une valeur de 12,5 milliards de livres et des dépôts à hauteur de 17 milliards de livres. La qualité du portefeuille de prêts apparaît ainsi bien meilleure que celle de ses concurrents cotés en Bourse, selon une analyse de Credit Suisse, qui met en avant un ratio prêts-dépôts de 73% et des besoins de financement de gros limités. Mais si la cession de Northern Rock signale le début de la «dénationalisation» du secteur bancaire britannique, l’Etat doit encore organiser sa sortie de RBS et de Lloyds, dans lesquels il représente respectivement 83% et 41% de l’actionnariat.
Plus d'articles du même thème
-
Pour trouver l'exposition des entreprises au pétrole, cherchez leurs émissions de CO2
La flambée du cours de l'or noir ne pénalise pas toutes les entreprises de la même manière. Dans cette tribune, Vincent Auriac, président d'Axylia, suggère de s'intéresser à leurs émissions carbone pour trouver leur dépendance au pétrole. -
«Nous ne voyons pas d’effets de second tour susceptibles de justifier des hausses de taux»
Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM. -
Roundhill met au point un ETF pour protéger les portefeuilles face à l’IA
Le fonds, à gestion passive, réplique l’indice Akros U.S. Heavy Assets Low Obsolescence, sélectionnant 100 sociétés américaines à forts actifs physiques
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Printemps franco-algérienDZ mafia, coopération judiciaire et Christophe Gleizes au programme de la visite de Gérald Darmanin à Alger
Le garde des Sceaux entend « revenir avec des informations et des noms » de profils dangereux du narcotrafic qui se sont mis à l'abri en Algérie -
Ezzedine al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas, a été tué lors d’une frappe israélienne
Samedi 16 mai, Israël a indiqué avoir tué, vendredi, par une frappe ciblée, Ezzedine al-Haddad, chef de la branche armée du Hamas et l’un des responsables de l'attaque du 7-Octobre -
L’Iran affirme discuter avec des pays européens pour franchir le détroit d’Ormuz
« Des [pays] Européens ont entamé des négociations avec la marine des gardiens de la révolution » pour traverser le passage, a indiqué la télévision d’État iranienne. Les noms des pays concernés n’a pas été précisé et, pour l’heure, aucun pays européen n’a confirmé cette déclaration de Téhéran